Syndrôme des immigrants

Publié le par Hubert Mansion

Mon dépanneur et sa femme sont arrivés de Chine il y a 7 ans. Ils ont appris depuis lors, le français, l’anglais et le joual. Le dépanneur est ouvert tous les jours que Dieu fait , de 8h à 23h. Ce couple travaille donc 15 heures par jour.

En Chine, il réparait des voitures et elle était secrétaire. Je leur demande s’ils n’ont pas envie de se réinstaller dans leur pays, maintenant que tout le monde y part.

- Si, me répond, le père. On ne voulait pas y rester il y a 7 ans, mais maintenant on a envie d’y retourner.

- Vous allez le faire ?

- Non, dit sa femme. Nos enfants seraient trop perdus. Ils ne parlent pas chinois…

Comme tous les immigrés, ils ne se sentent plus chez eux nulle part. Pour moi, je trouve que cet état devrait être celui de tous, car personne n’est chez soi quelque part.  Même le bébé dans le ventre de sa mère occupe l’espace d’une autre. 

Publié dans Le Livre

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oliv 29/04/2009 15:09

Sujet passionnant ; Se sentir chez soi nulle part est un jeu de mot subtil qui revient à dire qu'on est chez soi partout ! C'est presque un discours colonialiste. Il m'est impossible d'imaginer un monde sans frontières ni cultures, ou chacun peut être partout à la fois. Qu'on le veuille ou non, chacun de nous est dicté par sa culture d'origine, qui fait ce que nous sommes. Bien sûr il doit nous être possible de changer de nationalité, de pays, de franchir les frontières, cela va de soi. Mais au fond ce que vous défendez c'est ni plus ni moins le progrès technique, qui abolit les distances et font se croiser davantage les peuples. A mon sens il serait préférable de choisir l'évolution du monde plutôt que la subir.Je souhaite mieux pour le monde que le multiculturalisme, c'est-à-dire un monde fade qui pourrait s'apparenter à celui du métro : un monde ou tout le monde se frôle sans se parler, ou tout le monde cohabite ensemble tout en s'ignorant. Il me semble qu'on y perdrait davantage qu'on y gagnerait. Quelle tristesse !

marion 08/05/2006 18:06

il faut quand même du temps avt de pouvoir se sentir chez soi partout, bâtir son espace vécu... même si je suis particulièrement d'accord avec toi... encore faudrait-il convaincre les autres!3 ans que j'ai quitté la France pour le Québec et je dois surtout ne pas oublier de changer tous mes "codes" dès que je rentre dans mon pays natal, et à chaque fois que je reviens dans la pays où je vis aujourd'hui... finalement il n'y a plus de pays "d'où je viens" ni de pays "d'adoption", mais un moi qui change sans cesse pour "m'adapter", alors pafois je me demande tout de même s'il vaut mieux être partout chez soi parce qu'on a acquérit ces "codes" ou s'il vaut mieux avoir une fois pour toute un vrai "chez soi".mon identité actuelle est-elle une non-identité ou une nouvelle identité plus riche? (plus riche mais dont je dois cacher une moitié dépendemment si je me trouve en France ou au Quebec..)Je ne regretterai surement jamais rien dans mes choix de (lieux) de vie, mais je pense, comme quiconque a fait le saut, ne jamais pouvoir cesser de me questionner.... être "citoyen du monde" est qd même particulièrement fatigant parfois ;)