Chibougamau est sorti du bois !

Publié le par Hubert Mansion


 


Si j’avais su ce que me prendrait le travail de ce livre, je n’aurais pas osé le commencer, et je ne l’aurais certainement jamais terminé.

Comment aurais-je pu imaginer que je me retrouverais à chercher des carottes dans le Grand Nord, à dépasser trois cents caribous sur la route de la Baie-James, à escalader une montagne invraisemblable en raquette, et surtout, moi qui ne suis pas sportif, à la descendre? À grelotter avec des Parisiennes pleurant leurs pieds gelés; à examiner sérieusement des pierres que je n’aurais pas remarquées un mois plus tôt: à recueillir, moi qui ne suis pas manuel, des écorces de bouleau pour confectionner des paniers, à mordre leurs membranes pour comprendre l’artisanat, à faire bouillir des racines d’épinette?

Combien de milliers de kilomètres ai-je parcouru? Dix mille au moins, pour visiter Chibougamau, la Baie-James, Radisson, des géologues à Montréal, des anciens à Shawinigan, Québec, Ottawa, des Cris à Mistissini, Oujé-Bougoumou, et le tout grâce à Volvo. Et les bibliothèques! Chez les oblats pour trouver de vieux témoignages de missionnaires oubliés, à la Bibliothèque nationale du Québec pour visionner des microfilms de La Sentinelle, Allo Police, et tant d’autres, que je n’arrivais jamais à rembobiner, moi qui ne suis pas technologue. J’ai usé trois ordinateurs portables, douze pneus, les oreilles de plein de convives, j’ai coupé mon cellulaire, annulé des rendez-vous. J’ai été bloqué dans des bancs de neige, j’ai fait des tête-à-queue sur la 167 glacée; j’ai failli tuer deux lynx et j’ai massacré des milliards de mouches, moi qui suis allergique.

Mais!

Mais ma compréhension du monde et de la diversité humaine, de la beauté de la nature et de sa sauvagerie serait restée plus incomplète sans ces terres glacées. Sans suivre le galop des caribous et le travail des castors, mais aussi les efforts inhumains de milliers d’anonymes, j’aurais moins connu la splendeur animale et la grandeur humaine.

Puisse le Nord préserver, dans le froid qu’il lui reste, la nature qui nous reste.

 

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Delhasse 21/08/2009 18:21

Salut  vieux pirate,Et donc finalement, t'es arrivé au bout de  ton expédition! Mais c'est génial, ça donne envie de le lire. On peut le trouver ici à Liège, dans ta vieille ville de Meuse, de l'autre côté de l'océan?Ou dois-je revenir? C'est ça, je dois revenir! Et bien il va falloir que j'y songe.Bravo à toi, trappeur de mots!Guy

Claudette Blackburn 07/05/2009 00:57

Cela me donne un grand désir d'aller visiter ce coin de pays et marcher dans le froid.Ce livre me semble si intéressant que je l'ai fait mettre de côté par la bibliothèque de Chibougamau pour que le profit leur revienne.Merci à ce grand écrivain.Claudette

Rachel 09/04/2009 13:05

Merci de m'avoir fait rêver avec ma propre histoire et de me rendre fière de mon coin de pays!Rachel

Marianne 09/04/2009 06:26

Voilà le pouvoir secret de l'écriture ! Elle mène souvent plus loin que l'on ne s'en serait douté.Je souhaite belle et longue vie à ce nouveau livre. Et à son auteur de continuer - grâce à sa création (et créativité !) - à se laisser étonner.Bon succès !