TOURTERELLES CDA

Tourterelles du Canada, espèce disparue


 

 

 "M'écrire" ; Hubert Mansion

 

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LES ENTREVUES

 

 

  

 Entrevue  du  17 mars 2006 :

avec  : Hubert  MANSION

par Denise BOMBARDIER

Radio-Canada  98,5 FM

 ÉCOUTEZ 

 


 

Vous m'en lirez tant

Entrevue  du  9  avril  2006 :

avec  : Hubert  MANSION

par : Raymond CLOUTIER

Radio-Canada  95,1 FM

 

 

Volet 1 : ÉCOUTEZ

Extrait audio du livre:

Volet 2 : ÉCOUTEZ

Volet 3 : ÉCOUTEZ


 

 

 Entrevue du 31 décembre 2007

 

 avec Hubert MANSION 

 

par Raymond DESMARTEAUX

 ÉCOUTEZ

 

 

 


 

 

 

 

 

 Entrevue  du  17 juillet 2006 :

avec  :  Hubert  MANSION

par  : Tommy  GAUDET et

Simon-Pierre BILODEAU

CHOQ   FM   -   70%

 

 

 

 

 

 Volet 1 : ÉCOUTEZ

Volet 2 : ÉCOUTEZ

Volet 3 : ÉCOUTEZ

 


 

  

 Auteur : H.Mansion

 

Auteur : H.Mansion

 


 

Auteur et Recherche:

 Hubert Mansion

   Mise en page / Audio

illustration / Animation:

 

Lise Bisson

 

 

 

 

 

Collaboration spéciale:

Merci à  Denis Grenier

Ainsi qu'à  Simon Senay

W3C

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CONCOURS

Mercredi 28 mai 2008

 

Pourquoi les Québécois disent-ils «j’en ai de besoin» au lieu de «j’en ai besoin »?

L’expression est attestée dans le français provençal au XIXe siècle, dans le parler picard, celui de l’Ouest de la France, en Gironde, dans l’Aunis et la Saint-Onge, et Stendhal écrit  «…combien je prise ses conseils et combien j’en ai de besoin».

La forme vient, comme beaucoup de mots et d’expressions d’Amérique, du français des XVIe et XVIIe siècles.

Au XVIe siècle, la locution «de besoin » était courante et l’on disait également «avoir de coutume» pour «avoir coutume», «avoir d’usage» comme «avoir usage»,  etc. Étant ancienne, elle est condamnée par une petite armée d’instituteurs qui y voient un archaïsme, quand ils connaissent un peu le français, et une faute quand ils l’ignorent.

«Laissez-moi j’aurai soin de vous encourager s’il en est de besoin»

avait dit Molière.

Enracinée dans le parler français, l’expression «avoir de besoin» se retrouve même en Suisse et est toujours vivante dans certaines régions de France comme au Québec, véritable conservateur de l’ancienne langue.

Si nos correcteurs de tous poils pouvaient la laisser tranquille, ils m’obligeraient.

On ne peut pas à la fois, comme ils le font, reprocher aux Québécois de ne pas s’intéresser à leur histoire et de garder des traces de cinq siècles de français dans leur langue.
 

Par Hubert Mansion - Publié dans : 3-La langue de chez eux (notions de joual pour les
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Jeudi 17 avril 2008

 

En dehors du vocabulaire particulier, il y a, dans la langue canadienne française, des «faux amis», soit des mots français employés dans un sens différent de celui ayant cours en Europe.

1-Versatile: signifie ici doté de nombreux talents.

2-Par exemple: «par contre, en revanche», mais on dit aussi par exemple dans le sens de par exemple.

3-D’abord: a aussi le sens de «si c’est comme ça». «Tu ne veux pas venir avec moi? Ben j’y vais seule, d’abord» (elle n’est pas contente).

4-Transiger: en Europe, ce verbe a le sens de «Accommoder un différend par des concessions réciproques». Au Canada, on l’emploie plus souvent comme «faire du commerce».

5-Flatter: a gardé le sens de «caresser» qu’il a presque perdu en Europe. «Flatte-moi» ne signifie donc pas, comme je le croyais au début, «dis-moi que je suis la plus belle».

6-Gosses: l’histoire est archi-connue. Gosses est utilisé ici avec le sens de testicules. Ce mot n’a été introduit en France qu’après la Révolution française, raison de son absence au Canada.

7-S’ennuyer:  a ici un sens sentimental. «Je m’ennuie» signifie le plus souvent «Je m’ennuie de toi». De sorte que quand une Québécoise demande à son conjoint  à Paris «Est-ce que tu t’ennuies?» , elle ne lui demande pas s’il s’amuse.

8-Bec: comme dans beaucoup de régions de France, signifie bise, baiser.

9-Développer: a gardé son sens attesté au XIIème siècle,  dans «développer un cadeau», c’est-à-dire le déballer.

10-Si: «si» est un mot inexistant au Québec dans le sens de oui, après une question négative. «Tu ne viens pas avec moi? Oui».

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Samedi 9 février 2008

Quantité de gens au Québec  s’inquiètent de la qualité de la langue, mais ils devraient prendre garde que les reproches adressés aux francophones ne finissent par tourner ceux-ci vers l’anglais. Le cas s’est souvent vu en Amérique: de nombreuses communautés francophones ont entièrement disparu sous les critiques. Ce n’est d’ailleurs pas très difficile à comprendre, car la honte de mal parler une langue étrangère nous conduit souvent à l’éviter.

 

Il ne faudrait pas punir ceux qui parlent (mal) le français, mais les encourager; pas stigmatiser leurs erreurs – cette langue est difficile – mais récompenser leurs efforts. Et surtout leur enseigner l’amour plutôt que l’orthographe ou la syntaxe. C’est l’amour de la langue, comme de toutes autres choses, qui nous mène à la soigner, mais ce ne sont pas les règles, qui ennuient tout le monde.

 

Et bien souvent, l’amour naît de la beauté. Il faut montrer la beauté pour éveiller l’amour. Et celle-ci se trouve, pour la langue française, essentiellement dans la poésie.  Aucun art n’a porté plus haut cette « longue hésitation entre le son et le sens » (Paul Valéry).

 

Les ministres devraient donc proclamer la poésie avant les dictées, la beauté avant les règles, l’amour avant le devoir. Mais cela supposerait que ceux qui enseignent le français l’aiment. Non pas pour des raisons presque syndicales mais juste parce qu’ils y ont trouvé la grammaire de leur cœur.

Par Hubert Mansion - Publié dans : 3-La langue de chez eux (notions de joual pour les
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Lundi 9 octobre 2006

J’avais évoqué dans Vivre le Québec libre,  ce faux mot latin uvalum, autrefois employé dans certaines régions du Québec et désignant le sexe féminin « où va l’homme ».  Dans ce cas, la langue populaire, en latinisant une expression, faisait preuve d’une imagination et d’une intelligence étonnantes en formant peut-être ce mot sur base du speculum  (que les patientes entendaient peut-être comme spé-cul-homme), par une association d’idée et de son, qui est l’essence de la poésie.

A l’inverse, cette même langue populaire a aussi cherché à trouver un sens à des mots savants incompréhensibles. Ainsi clavicule est devenu clé du cul (d’autant plus étonnant que clavis signifie en effet clé), et diabète la maladie d’Elizabeth. Quand je dis « populaire », je n’entends aucun mépris quelconque, faut-il le dire : j’ai cru longtemps, pour les mêmes raisons,  qu’un jour « ouvrable » était un jour ou les portes des magasins restaient ouvertes, alors que le mot vient de operabilis, c’est-à-dire de travail.

Benjamin, un Français de 8 ans immigré au Québec, me parlait, lui, de ses « congelés de Noël » à partir du 20 décembre : il était aussi sûr de la justesse de son expression que les Québécois qui voient dans le mot « caucus » (réunion, conciliabule), à cause de son assonance, une origine latine. En fait, il s’agit d’un mot algonquin passé à la moulinette anglaise : « cau-cau-as-u », « celui qui conseille ». Bien des journalistes, en employant ce terme, croient rappeler l’empire romain et leur culture classique : ils ne font rien d’autre que d’avouer leur pédantisme. Car Cicéron ne parlait pas l’algonquin.

Par Hubert Mansion - Publié dans : 3-La langue de chez eux (notions de joual pour les
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Lundi 17 juillet 2006

 

Connaître le lieu de destination des oiseaux migrateurs permet de voyager dans l’espace, mais savoir l’étymologie de leur nom fait voyager dans le temps. En voici un exemple entre mille. L’outarde est le nom commun de la Bernache du Canada. Ce mot vient  du latin populaire « austarda », contraction de « avis tarda », oiseau lent. J’ai longtemps cherché à vérifier si l’outarde volait si lentement pour qu’un semblable nom lui ait été donné. A les  voir dans le ciel, à calculer les distances qu’elles parcourent lors de leur migration, et à interroger des ornithologues, je me suis peu à peu aperçu que dire de la bernache qu’elle est une « outarde »  n’est rien moins qu’une insulte. L’outarde est un oiseau rapide (vitesse de croisière de 60 à 75km l'heure)  et l’on prétendait autrefois que les colibris arrivaient au Canada en voyageant sur son dos.  (Écoutez...)

Si ce nom a été donné à la bernache, c’est parce que  les premiers Européens ont confondu ce volatile avec « l’outarde canepetière » mâle, curieux oiseau par deux de ses caractéristiques.

Premièrement, cette outarde européenne, si elle vole assez vite, décolle lentement, d’où son nom. On pouvait ainsi l’attraper avant qu’elle ne s’envole trop haut, pour la passer au pot.

Ensuite, son adjectif de « canepetière » provient d’une particularité sonore, remarquée par Rabelais, qui n’en manquait pas une : son cri ressemble à celui de la cane…mais également à un pet. On la dit donc Canepetière...  ( Écoutez...)

La bernache canadienne n’ayant aucun des défauts de l’outarde, arrêtons de l’injurier et gardons-lui son vrai nom. Car beaucoup de complexes indélébiles sont nés de simples insultes. 

Images et sons : www.oiseaux.net

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