TOURTERELLES CDA

Tourterelles du Canada, espèce disparue


 

 

 "M'écrire" ; Hubert Mansion

 

Geo Visitors Map

 


 

 PageStart.fr - La page de démarrage pour la France

 

LES ENTREVUES

 

 

  

 Entrevue  du  17 mars 2006 :

avec  : Hubert  MANSION

par Denise BOMBARDIER

Radio-Canada  98,5 FM

 ÉCOUTEZ 

 


 

Vous m'en lirez tant

Entrevue  du  9  avril  2006 :

avec  : Hubert  MANSION

par : Raymond CLOUTIER

Radio-Canada  95,1 FM

 

 

Volet 1 : ÉCOUTEZ

Extrait audio du livre:

Volet 2 : ÉCOUTEZ

Volet 3 : ÉCOUTEZ


 

 

 Entrevue du 31 décembre 2007

 

 avec Hubert MANSION 

 

par Raymond DESMARTEAUX

 ÉCOUTEZ

 

 

 


 

 

 

 

 

 Entrevue  du  17 juillet 2006 :

avec  :  Hubert  MANSION

par  : Tommy  GAUDET et

Simon-Pierre BILODEAU

CHOQ   FM   -   70%

 

 

 

 

 

 Volet 1 : ÉCOUTEZ

Volet 2 : ÉCOUTEZ

Volet 3 : ÉCOUTEZ

 


 

  

 Auteur : H.Mansion

 

Auteur : H.Mansion

 


 

Auteur et Recherche:

 Hubert Mansion

   Mise en page / Audio

illustration / Animation:

 

Lise Bisson

 

 

 

 

 

Collaboration spéciale:

Merci à  Denis Grenier

Ainsi qu'à  Simon Senay

W3C

  • Flux RSS des articles

CONCOURS

RÉFÉREZ CE BLOG

20-L'Indien qui s'appelait Jean-Claude

Samedi 26 novembre 2005

Article paru dans le Devoir de ce jour :

  

 

 

Quo usque tandem abutere patientia nostra? En observant notre société, Cicéron, à coup sûr, pourrait lancer sa célèbre interrogation. Oui, jusqu'à quand abusera-t-on de notre patience avec ces aberrations et ces bêtises de tous genres dont l'actualité cette semaine fut remplie?

Il y a d'abord eu cette manne annoncée par Ottawa de milliards de dollars donnés en compensation aux autochtones qu'on avait forcés à fréquenter ces collèges où ils furent scolarisés mais aussi, hélas, trop souvent agressés sexuellement. Certains d'entre eux ont 80 ans et plus aujourd'hui. Cette rédemption financière vient à point nommé en cette période de Noël électoral. S'ajouteront à ces sommes cinq autres milliards qu'on accordera aux bandes autochtones, donc aux chefs de bande, dans le but d'améliorer les conditions de vie de leurs peuples, sur le plan tant éducatif et culturel qu'économique.

Et si on parlait crûment ici, au-delà de la patience, dirions-nous ? Sans excuser les exactions commises contre les autochtones, pourrait-on faire remarquer que la fréquentation de ces établissements a permis une scolarisation des enfants ? Oublie-t-on que sans obligation juridique de fréquentation scolaire, nombre de parents de milieux pauvres et démunis matériellement et culturellement n'auraient pas envoyé leurs enfants à l'école dans un passé moins lointain qu'on ne l'imagine ? On justifie ces compensations en parlant d'isolement culturel des jeunes autochtones, ce qui n'est pas faux. Mais que penser de l'isolement culturel des fils de cultivateurs qu'on retirait des fermes pour les expédier dans les collèges des petites villes, où ils se retrouvaient entourés de fils de docteurs, d'avocats et d'entrepreneurs qui les regardaient de haut ? Pensionnaires à longueur d'année, ils étaient nombreux à ne revenir à la maison qu'à Noël et aux grandes vacances. Et, dans ces collèges, ils furent trop nombreux à subir des agressions sexuelles. Faites parler les hommes de plus de 35 ans qui ont fréquenté ces établissements. Il y a aussi eu des Blancs pauvres expédiés dans les communautés de frères à 11 et 12 ans et à qui on imposait une vocation religieuse qu'ils ne ressentaient guère. Si nos gouvernements devaient indemniser toutes les jeunes victimes de l'ancien système, le pays serait en faillite. Mais on sait bien que ces milliards sont le fait d'une politique méprisante et hypocrite qui perdure dans ce Canada de rectitude politique ad nauseam en ce qui concerne les autochtones.

Les cinq milliards promis cette semaine aux chefs réunis en Colombie-Britannique sont du même esprit. Les conseils de bande des réserves, ne l'oublions pas, n'ont aucune obligation de rendre de comptes des millions reçus à qui que ce soit. Certes, tous ne sont pas vénaux, mais très nombreux sont les potentats autochtones qui se fichent autant de leurs traditions que de leur peuple. Et de leurs femmes en particulier, citoyennes de seconde zone sans droits égaux, sans protection, à la merci de toutes les violences à l'intérieur de ces ghettos honteux, ce tiers-monde canadien que sont les réserves. Et que dire des enfants, abandonnés, drogués, violés, méprisés, prisonniers d'une structure qui leur donne envie de se tuer à dix ou douze ans ?

L'incurie gouvernementale, la complicité de ceux qui savent, l'indifférence de la population et la bêtise ânonnante d'une élite dite progressiste prête à se mettre des plumes sur la tête et à fumer le calumet de la honte sur toutes les tribunes médiatiques, tout cela contribue à faire perdurer un scandale bien plus tragique que toutes les commandites, avec ou sans juge Gomery.

D'un point de vue politique, abolir les réserves qui, sur le plan international, placent le Canada dans une position d'apartheid serait suicidaire, dit-on. Le pays serait à feu et à sang, prévoient les experts, car les autochtones qui vivent dans les réserves s'opposent à leur abolition. Doit-on s'en surprendre lorsqu'on sait que la vie dans les réserves est une vie totalement dépendante, sans responsabilité aucune, sans impôts ni taxes à payer, à l'abri des contraintes de la Charte des droits, une vie d'assistés sociaux jusqu'à y perdre toute dignité ? Il existe une telle chose que le syndrome de Stockholm, où la victime s'identifie à son bourreau, le syndrome de la femme battue qui appelle inconsciemment le batteur à passer à l'acte, et voilà qu'on peut constater le syndrome de la réserve.

Il faut bien ajouter également, que cela plaise ou non aux mystificateurs de l'anthropologie, que la culture traditionnelle autochtone s'accommode mal de la modernité. La chasse et la pêche ne peuvent plus être la base de leur économie régionale. Les jeunes autochtones, exposés aux médias comme les autres, se sentent frustrés devant la vitrine du système de consommation qui est le nôtre. Ils sont frustrés, humiliés, aliénés. L'alcool, la drogue et une violence aussi gratuite que tragique demeurent leur seul mode d'expression. On ne le répétera jamais assez, l'argent n'achète ni le respect, ni la dignité, ni la liberté lorsqu'il est le fait de bien-pensants ou de cyniques drapés dans un discours vertueux. Il faut beaucoup de courage lorsqu'on est autochtone pour dénoncer ses pairs corrompus ou résister à l'argent de la honte. Tous les gouvernements successifs ont été incapables d'autocritique en la matière. Pendant ce temps, des territoires en sol canadien continuent d'être des lieux de non-droit où aucun passeport n'ouvre les frontières.

Par Hubert Mansion
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 5 décembre 2005

Donnacona, capturé par Jacques Cartier, arrive à Saint-Malo le 16 juillet 1636 Selon Marcel Trudel Donnacona se laissa interroger, même par-devant notaire, sur ce qu’il avait vu pendant ses voyages ; le moine-historien André Thevet, qui se faisait une spécialité de questionner les voyageurs, affirma qu’il avait causé longuement avec Donnacona. Le vieux chef fut présenté à François Ier : il lui parla de mines très riches en or et en argent, d’abondance de girofle, de muscade et de poivre (ces épices dont rêvait l’Europe) ; il énuméra maintes merveilles, comme ces hommes munis d’ailes aux bras à la façon de chauves-souris et qui volaient des arbres jusqu’à terre.

Le chef indien meurt à Paris. Selon Rabelais, il aurait été enterré dans une rue des Andouilles.

J'ai fait quelques recherches pour localiser cette rue et un spécialiste parisien m'indique qu'il s'agirait de la rue Séguier, (VIe arrondissement) anciennement rue Pavée  précédemment, rue Pavée Saint-André ou rue Pavée Saint-André des Arts, et encore plus anciennement rue Pavée d'Andouilles (XVIe siècle). Reste à savoir si Rabelais a raison : il faudrait donc ouvrir la rue et y faire des fouilles. Ne serait-ce pas une entreprise passionnante ?

Réf. image : www.lodgis.com

Par Hubert Mansion
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 29 décembre 2005

Je ne connais aucune étude sur l'origine précise des patronymes cris de la Baie James, alors que les noms hurons, par exemple, ont fait l'objet de recherches intéressantes.

Or les patronymes cris, dans leur mélange, recèlent de grands pans de l'histoire canadienne, et particulièrement de la traite des fourrures, spécialement d'ailleurs de l'apport de la Compagnie de la Baie d'Hudson à cette région.  Les Cris sont majoritairement anglophones en raison de leur collaboration avec cette compagnie  dès le XVIIème siècle (alors qu'évidemment les Hurons sont francophones). La baie d'Hudson appartenait en effet aux Anglais depuis sa découverte par le marin Henri Hudson, mais il faut noter, tout de même, que cette découverte a été financée par des... Belges puisque Hudson avait été chargé par les Flamands Emmanuel Van Meteren, Judocus Hondius et Petrus Plancius de découvrir un nouveau passage vers la Tartarie et la Chine. Il s'en est fallu de peu, sans doute, que les Cris parlent flamand et s'appellent Van Mosselen.

Dans la région de Chibougamau, Ojé-Bougoumou et Mistissini, on rencontre des patronymes de toutes origines, y compris slaves mais jamais flamands, dont la seule lecture fait voyager dans le temps. En gros, les noms sont :

 

Amérindiens :

Awashish

Mattawashish

Petawabano

Shecapio

 

Anglais

Blacksmith

Bosum

Bossum

Coon

Miamscum

Mianscum

Rabbitskin

 

Anglo-amérindiens

Coonishish

 

Anglais francisés :

Longchap

 

Autres :

Iserhoff

Par Hubert Mansion
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 19 janvier 2006

Le terme santé se traduit en cri par miyupimaatisiuun, bonne vie. Étant donné que, dans la tradition crie, la mort n’est pas le drame qu’elle représente pour les Occidentaux, une famille peut très bien dire d’un de ses membres mourant à l’hôpital qu’il est miyupiyuu s’il se trouve dans des conditions d’accueil acceptable et entouré des siens, alors qu’elle dira d’un autre souffrant d’une maladie légère mais éloigné de tous, qu’il va mal. On imagine comme une telle différence de concept a pu engendrer de malentendus entre Amérindiens et médecins peu formés à la mentalité crie.

Mais il existe bien d’autres sources de malentendus : les Cris n’aiment pas les questions directes (pas même de la part d’un médecin); ne donnent pas davantage de réponse immédiate ni ne tolèrent les questions à caractère sexuel. Autant dire que le médecin novice traitant un cas d’abus sexuel peut éprouver des difficultés presque insurmontables pour soigner son patient s’il n’est guidé par quelqu’un d’expérience. Sans compter - car il faut toujours que je fasse une petite blague stupide - qu'il est hors de question pour un docteur de dire par exemple à un groupe amérindien blessé : Je veux bien vous soigner. Mais je ne veux pas un cri. N'est-ce pas moi, au fond, qui devrais me faire soigner ?

Par Hubert Mansion
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 14 août 2006

 

Je suis resté chez les scouts assez de temps pour jouir du  plaisir de les quitter.  Sans que je puisse alors le comprendre, parce que je n’arrivais pas à le verbaliser, je ressentais un malaise à vivre sous l’autorité stupide des chefs scouts, en plein milieu de la liberté de la nature. À quoi sert de s’enfoncer dans les bois si c’est pour se retrouver dans l’armée ?  Une des activités que je trouvais les plus ridicules s’appelait le jeu de piste. Il s’agissait, comme chacun sait, de retrouver des objets qui n’intéressent personne au moyen de techniques héritées des Indiens du temps où ils utilisaient la peinture au latex.

Cette activité, qui se passait généralement sous une pluie épouvantable, était toujours placée sous la devise de Pierre de Coubertin, pour éviter le bagarre de la fin : « l’important n’est pas de gagner mais de participer. »  Mais si je me retrouvais aujourd’hui devant Epagneul hitlérien qui, je crois, est devenu gynécologue, je mettrais deux choses au point avec lui.  Premièrement, la phrase de Pierre de Coubertin, qui m’a toujours énervé.  Deuxièmement, les jeux de piste.

J’obligerais Epagneul hitlérien à poser ses ustensiles (il pourrait garder son stéthoscope autour du cou car cet imbécile a toujours eu besoin de signes extérieurs d’autorité) et à écouter l’historique suivant :  Quand on se promène sur les routes du Nord, on voit souvent, surtout en hiver, des petits poteaux plantés dans le sol où flotte un drapeau. Ils indiquent l’existence d’un campement de chasse.

Depuis très longtemps, les Crees, les Montagnais et bien d’autres communiquent par cette méthode. Elle est d’ailleurs beaucoup plus sophistiquée qu’une simple indication routière. Avant l’époque des radios et les téléphones cellulaires, on pouvait, par exemple, faire un appel au secours : dans le poteau, était planté une flèche creusée d’une rigole faite au couteau. Selon la direction de la flèche, on comprenait la direction à suivre; l’entaille indiquait la maladie, la famine ou la situation d’urgence. Et le nombre de petits poteaux plantés à côté du poteau principal précisait celui des jours de marche pour atteindre la personne en difficulté.

Ce n’est pas tout. Pour montrer qu’on avait pris connaissance de l’appel au secours, on pratiquait une entaille sur le poteau vertical; sur la flèche, on posait un petit anneau de branchages, ce qui signifiait : je reviendrai bientôt. Quand, par malheur, après avoir suivi cette piste, on ne trouvait qu’un mort, on revenait sur les lieux de la première indication, on noircissait l’encoche de la flèche et on y suspendait une petite croix noircie également pour indiquer le décès. Mais jamais aucun Indien ne s’est cassé le cul pour retrouver une vieille montre rouillée sous une pluie battante à 3 km d’un centre d’achats où on en trouve pour 1 $.

Par Hubert Mansion
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés