TOURTERELLES CDA

Tourterelles du Canada, espèce disparue


 

 

 "M'écrire" ; Hubert Mansion

 

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LES ENTREVUES

 

 

  

 Entrevue  du  17 mars 2006 :

avec  : Hubert  MANSION

par Denise BOMBARDIER

Radio-Canada  98,5 FM

 ÉCOUTEZ 

 


 

Vous m'en lirez tant

Entrevue  du  9  avril  2006 :

avec  : Hubert  MANSION

par : Raymond CLOUTIER

Radio-Canada  95,1 FM

 

 

Volet 1 : ÉCOUTEZ

Extrait audio du livre:

Volet 2 : ÉCOUTEZ

Volet 3 : ÉCOUTEZ


 

 

 Entrevue du 31 décembre 2007

 

 avec Hubert MANSION 

 

par Raymond DESMARTEAUX

 ÉCOUTEZ

 

 

 


 

 

 

 

 

 Entrevue  du  17 juillet 2006 :

avec  :  Hubert  MANSION

par  : Tommy  GAUDET et

Simon-Pierre BILODEAU

CHOQ   FM   -   70%

 

 

 

 

 

 Volet 1 : ÉCOUTEZ

Volet 2 : ÉCOUTEZ

Volet 3 : ÉCOUTEZ

 


 

  

 Auteur : H.Mansion

 

Auteur : H.Mansion

 


 

Auteur et Recherche:

 Hubert Mansion

   Mise en page / Audio

illustration / Animation:

 

Lise Bisson

 

 

 

 

 

Collaboration spéciale:

Merci à  Denis Grenier

Ainsi qu'à  Simon Senay

W3C

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CONCOURS

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2-Comprendre les Québécois

Mardi 31 janvier 2006

 

 

N’existe-t-il pas un droit naturel à parler à un être humain ? Les sociétés continueront-elles indéfiniment à fabriquer des robots pour nous répondre ?  Les logiciels de reconnaissance vocale ne reconnaissent pas mon accent, n’ont de solution qu’aux questions pour lesquelles on les a programmés et ne me transfèrent à un être humain  que si je parviens à les court-circuiter, alors qu’un hamster aurait compris depuis dix minutes que je ne veux pas faire affaire avec lui.

Que de tels robots facilitent l’organisation des compagnies, je veux bien. Mais que diraient-elles si on s’adressait à elles de la manière qu’elles utilisent avec nous ? Ca s’en vient, évidemment. Dans quelques temps, à n’en pas douter, on nous vendra des logiciels intégrés dans les téléphones, qui répondront pour nous :

-Si c’est pour une facture impayée, appuyez sur étoile. Votre appel est important pour moi.

-Si c’est pour un compliment, une déclaration d’amour, un remerciement, restez en ligne, j’arrive.

-Si c’est maman, dis MA-MAN

Et caetera…

Pour se venger des robots, on créera donc sous peu des contre-robots, et ces machines se parleront pendant des heures, arrangeront nos affaires pendant la nuit, prélèveront des montants pré-payés sur nos comptes en banque, renouvelleront nos assurances et s’enverront des virus pour s’engueuler. Nous sommes en réalité à quelques minutes seulement de cette évolution technologique et si elle tarde, c’est uniquement, peut-être, parce que les constructeurs potentiels de ces engins de malheur craignent qu’ils ne se retournent contre eux au moment ou ils  en réclameront le paiement.

Le danger de voir des robots imiter le comportement humain n’a d’égal toutefois que le risque de voir des êtres humains se comporter comme des robots: il y a donc péril en la demeure. Quand enfin on a réussi presque par hasard à joindre un téléphoniste (chez Rogers on les appelle maintenant des associés), voici qu’il commence à nous répéter les phrases toutes faites à cause desquelles on avait appuyé avec acharnement sur le 0. Expressions de politesse commerciale, fausses inquiétudes sur notre humeur du jour suivent systématiquement l’avertissement selon lequel la conversation sera enregistrée dans le but d’assurer la qualité du service. On parle enfin à un humain mais il s’exprime comme un robot car un robot l’enregistre. La qualité du service invoquée est en réalité la performance de l’employé car ses prestations sont aussitôt encodées par un autre robot, comparées à celles de ses collègues, et envoyées à un directeur quelconque qui le traitera en fonction de statistiques élaborées par un programme central. A défaut d’atteindre les moyennes exigées, le téléphoniste rejoindra celles du chômage.  Dans ces conditions, comment le téléphoniste de base pourrait-il faire autrement que suivre des procédures robotiques de conversation ?  C’est au dernier de la chaîne, le client, celui que les entreprises veulent militariser pour soumettre enfin la réalité à leurs plans d’affaires, c’est à nous, dis-je,  de ne pas accepter les ordres et les marches à suivre des autres. Car  elles n’ont d’autres objectifs, en réduisant les coûts, que d’augmenter leurs marges– et non pas de diminuer nos frais comme elles le prétendent la bouche en coeur, car cela ne s’est jamais vu.

Par Hubert Mansion
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Dimanche 26 février 2006

Je l'avais souvent remarqué, mais hier j'ai récapitulé mes observations, je me suis concentré, j'ai pris un bol d'air et je déclare aujourd'hui : généralement, les Québécois rincent la vaisselle avant de la faire.

 

Je ne parle pas spécifiquement de ceux qui ont un lave-vaisselle (car les Européens rincent également les assiettes avant de les ranger dans le lave-vaisselle) mais des autres, ceux qui la lavent à la main. Ils la rincent, la laissent reposer, puis ils s'y mettent. J'en comprends la raison car en observant fortement une assiette après l'avoir rincée, on s'aperçoit que les aliments n'y collent plus, ce qui en facilite le lavage ultérieur. Mais ce n'est, pour moi, qu'une illusion et une erreur. 

 

A) Une illusion :  si on additionne le temps de rinçage et de  lavage et qu'on le compare au temps de lavage sans rinçage, ça revient exactement au même. Il faut frotter plus dans la dernière hypothèse, mais il ne faut le faire qu'une fois, au lieu de deux dans la première.

 

B) Une erreur : car il est beaucoup plus pratique d'effectuer un trempage.

De la vient la question de savoir pourquoi les Québécois ne font jamais tremper la vaisselle. J'avoue que c'est, pour moi, une énigme absolue, qui ressemble un peu à celle de donner les prix sans les taxes. Il y a certainement une cause historique, car notre façon de faire la vaisselle dépend directement de ce que nous avons vu faire dans notre enfance. Or, à supposer que l'on faisait alors la vaisselle dans un bac en plastique, il était important de ne pas salir l'eau de vaisselle pour qu'elle serve le plus longtemps possible : donc on rinçait. Mais cette explication supposerait qu'il n'y ait pas eu, à cette époque, d'évier de vaisselle,  or il y en avait.  Qui pourrait me répondre ?

Par Hubert Mansion
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Vendredi 3 mars 2006

Comment trouver un être humain quand on téléphone à une compagnie ? Un site américain (http://gethuman.com/us/) a fait le relevé de la plupart des grandes sociétés et donne les « Steps to find a human ». Il en ressort que, généralement, il faut pousser plusieurs fois sur le 0. Dans certains cas, il faut dire « agent » ou « representative », ou encore presser #.

Alors que toutes les sociétés nous harcèlent de promesses en tous genres, il viendra un jour, et très vite, ou leur publicité sera simplement : Chez nous, vous pouvez parler à quelqu’un. C’est exactement comme ça qu’on décrivait l’an 2000 en 1970.

Au Québec, il existe une option supplémentaire, consistant dans le choix de la langue (if you want to continue in english, say english), la procédure est donc la suivante :

- français + 0 ou # + tabarnak tabarnak tabarnak d’ostie d’niaisage (1x)

Par Hubert Mansion
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Lundi 17 avril 2006

Parmi les valeurs de la société québécoise, deux me semblent particulièrement indigènes : ‘travailler fort’ et ‘être fin’.

Celui qui travaille fort suscite l’empathie et le hochement de tête de ceux qui, eux aussi, travaillent fort, c’est-à-dire travaillent dur. On admire curieusement plus, au Québec, ceux qui obtiennent un maigre résultat en travaillant fort, que ceux qui réussiraient très bien en travaillant peu. Idéalement, pour susciter la sympathie de tous, il faudrait donc travailler fort et n’obtenir aucun résultat. Car le travail est la vertu. Tandis que l’argent, qui en est le résultat, est le vice.

Mais le défaut de gagner de l’argent peut être compensé si l’on respecte l’autre obligation sociale qu’impose la société québécoise : la gentillesse. Celle-ci est plus appréciée que l’intelligence, l’honnêteté, la beauté, l’inspiration ou toute autre vertu. Elle agit même comme un coefficient régulateur de la réussite financière, qu’elle pardonne : on peut être riche et accepté si on a travaillé ben fort et qu’on reste ben ben fin. Ces deux vertus se trouvent d’ailleurs incarnées dans celle qui symbolise la réussite absolue au Québec : Céline Dion. Ne dit-on pas sans cesse d’elle qu’elle s’est tuée au travail mais qu’elle est tellement gentille ? C’est québécois. Ni Nana Mouskouri, ni Tuna Turner n’ont cru qu’il était nécessaire de justifier leur réussite. Mais elles ne provenaient pas d’un pays qui, naguère, comme toutes les petites sociétés, voyaient comme un danger pour leur cohésion ceux qui faisaient mieux qu’eux. Heureusement, ce vieux fond de mentalité se désagrège au contact de l’oxygène, comme certaines bactéries, car le Québec est maintenant ouvert. Dans trois générations, c’est sûr, on n’en parlera plus.

Illustration "Le forgeron", oeuvre de Grégory Delaunay

http://www.entrelacs.org/dessin/pages/gallerie.htm

http://www.entrelacs.org/dessin/metiers/pages/forgeron.htm

Par Hubert Mansion
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Samedi 5 août 2006

... donc il boit de la bière en travaillant le bois.

Du bois récupéré dans de vieilles granges, remontant parfois à 1860, qu’il va chercher dans la campagne autour de Montréal et qui donne à ses créations un parfum d’ancienneté.  Avec ces vieilles planches, il imagine , «après avoir un peu fumé» précise-t-il, ce qu’il pourrait faire : un vaisselier, une table, un meuble pour ordinateur ou – c’était son idée quand je l’ai visité – un meuble en forme de chapeau de Napoléon. Et quand ça le tente, il réalise les commandes de ses clients qui viennent de partout.

Il préfère à toutes les essences, comme la plupart des ébénistes j’imagine, le tilleul qui se laisse sculpter; mais il travaille aussi l’érable national, le pin qui sent si bon, et l’épinette, le plus solide de tous. Parfois, dit-il, il «sacre à perdre son âme» quand il tombe sur des clous encore enfoncés dans les planches. Mais il ne l’a pas perdue et la place dans ses créations qu’il vend au prix d’Ikea et en les aimant comme un violon.

Je ne crois pas que sa boutique porte un nom, il ouvre quand il veut et son adresse est à peu près au coin de Ste-Catherine et Letourneux.

Par Hubert Mansion
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