TOURTERELLES CDA

Tourterelles du Canada, espèce disparue


 

 

 "M'écrire" ; Hubert Mansion

 

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LES ENTREVUES

 

 

  

 Entrevue  du  17 mars 2006 :

avec  : Hubert  MANSION

par Denise BOMBARDIER

Radio-Canada  98,5 FM

 ÉCOUTEZ 

 


 

Vous m'en lirez tant

Entrevue  du  9  avril  2006 :

avec  : Hubert  MANSION

par : Raymond CLOUTIER

Radio-Canada  95,1 FM

 

 

Volet 1 : ÉCOUTEZ

Extrait audio du livre:

Volet 2 : ÉCOUTEZ

Volet 3 : ÉCOUTEZ


 

 

 Entrevue du 31 décembre 2007

 

 avec Hubert MANSION 

 

par Raymond DESMARTEAUX

 ÉCOUTEZ

 

 

 


 

 

 

 

 

 Entrevue  du  17 juillet 2006 :

avec  :  Hubert  MANSION

par  : Tommy  GAUDET et

Simon-Pierre BILODEAU

CHOQ   FM   -   70%

 

 

 

 

 

 Volet 1 : ÉCOUTEZ

Volet 2 : ÉCOUTEZ

Volet 3 : ÉCOUTEZ

 


 

  

 Auteur : H.Mansion

 

Auteur : H.Mansion

 


 

Auteur et Recherche:

 Hubert Mansion

   Mise en page / Audio

illustration / Animation:

 

Lise Bisson

 

 

 

 

 

Collaboration spéciale:

Merci à  Denis Grenier

Ainsi qu'à  Simon Senay

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CONCOURS

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17-Maudite question

Samedi 30 septembre 2006 6 30 /09 /2006 23:59

 

 

Quand je demande mon chemin dans une ville inconnue, il y a toujours quelqu’un pour me répondre avec des points de repères que lui seul connaît. Si je me renseigne pour savoir où se trouve la rue Lafraise, il me répond que c’est après la rue Lafleur; ou au nord de la rue Laitue. Ne connaissant aucune de ces rues, et n’ayant aucune idée d’où se trouve le Nord ni le Sud, je suis obligé, après avoir regardé mon complicateur droit dans les yeux, de fixer le soleil en me souvenant de l’heure qu’il est approximativement car je n’ai jamais de montre, pour tenter de situer l’endroit où je vais. Et on me reproche d’être toujours en retard ! C’est un peu comme se plaindre de la lenteur des ordinateurs. Quand le mien m’énerve, je pense à toutes les opérations qu’il est en train d’effectuer; si les gens chez qui j’arrive un peu tard faisaient de même avec moi, ils m’accueilleraient au champagne : je dois deviner l’heure, chercher parfois le soleil dans les nuages, l’heure d’été dans le temps universel, récapituler sur la course de l’astre solaire pour trouver, sans boussole, l’endroit de mon rendez-vous.

Si on m’avait dit « à gauche » ou « à droite », si on  m’avait fait un petit dessin, je serais là depuis une heure outre  que, pendant le temps où les gens me donnent des indications que je ne comprends pas et  finis par ne plus entendre, je me pose des tas de questions sur les origines historiques de leurs explications complexes,  l’étymologie exacte de certains mots, et la raison pour laquelle ils savent toujours où est le Nord.

 

D’autres savent toujours où est l’Est. Une ethnologue en a fait l’expérience au Maroc, il y a quelques années: « quand un Européen demande son chemin à un Marocain, il n'obtient pas toujours la réponse attendue. Le Marocain, qui a un sens aigu de l'orientation et sait toujours où il est placé par rapport à l'Est, lui indique la direction du lieu cherché, non le chemin à suivre, car il y a toujours une pluralité de chemins possibles et il ne sait pas lequel l'inter­locuteur agréera. » Elle précise plus loin que « le Marocain préfère à la ligne droite les trajets sinueux. » Pourquoi ? Elle avance plusieurs explications : « Il y entre notamment le fait qu'un Marocain — et a fortiori une Marocaine — n'aime pas permettre à un observateur de deviner où il va. Il lui est donc plus facile de tenir son but secret s'il chemine selon un dédale. » Mais il y a aussi des raisons plus profondes : le temps et l’espace sont unis dans la même perception. Quand elle est en voiture et qu’elle demande où est le lieu d’arrivée du voyage par exemple, on lui répond : «pas encore», comme si indiquer le temps précisait  le lieu.

« L'imprécision, l'incertitude, la non-estimation de la distance et de la durée du parcours peuvent constituer des facteurs d'angoisse pour l'Européen qui voyage à travers le Maroc avec des Musulmans » sans doute ; mais, dit-elle, ces divers énervements s’estompent  quand on sait que « l'attente n'est pas du temps perdu mais une activité en soi » (il faut que je retienne cette phrase). De plus, il est déplacé d’organiser trop les choses, car  « Tout venant de Dieu, il est inutile de faire des projets trop précis que la volonté d'Allah peut ruiner ».

Imagine-t-on les conflits d’horaire quand un tel Musulman rencontre un nord-américain ? L’un se repère par rapport à l’Est, l’autre ne voit que le Nord. Le premier croit qu’il est inutile d’organiser son temps, le second ne pense qu’à prévoir : bien avant de s’exprimer en livres, en œuvres d’art, en monuments et en artisanat, la culture est une perception du monde. Ne pas tolérer que l’autre dispose de sa propre perception légitime est certainement le plus grand péché de l’humanité : le journal télévisé en est un exemple quotidien.

Par Hubert Mansion - Publié dans : 17-Maudite question
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Lundi 30 octobre 2006 1 30 /10 /2006 05:02

Il n’est pas si fréquent que la France s’intéresse à son histoire coloniale américaine, qui fait figure de parent pauvre dans l’historiographie moderne.

"Europe 1" a consacré une émission sur le sujet :

 

Cliquez "ICI" pour écouter l'entrevue.

 

 

*Note : veuillez attendre le téléchargement complet du fichier qui s'ouvrira par le biais de votre lecteur musical.

Par Hubert Mansion - Publié dans : 17-Maudite question
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Vendredi 8 décembre 2006 5 08 /12 /2006 22:15

           Un petit clic vaut mieux qu’un long discours :

              

           http://blogue.canoe.com/2006/11/20/maudits_francais

 

 

 

         Cliquez ci-dessus pour lire l'article de M. Cinq Mars sur Canoe.ca


            Cliquez ci-dessous pour visionner les clips 1 à 4 de l'émission en question 

 

"On n'a pas toute la soirée"

Volet 1 de 4:

Volet 2 de 4 :

volet 3 de 4:

volet 4 de 4 :

Par Hubert Mansion - Publié dans : 17-Maudite question
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Mercredi 4 juillet 2007 3 04 /07 /2007 03:48

«On vit bien à Montréal. Enfin, on peut bien vivre à condition de comprendre une chose: les rives du Saint-Laurent ne sont pas un bout de France perdu en Amérique, mais un bout d'Amérique qui se trouve être francophone! Cela commence par l'attitude: le Français qui pense pouvoir débarquer ici en pays conquis, la fleur au fusil, se fera raboter en deux temps trois mouvements. On le traitera de «faiseur», de «chialeur», s'il râle contre le pays... Et, s'il ne pige toujours pas, de «maudit Français». Les Québécois n'ont jamais oublié que nous les avons cédés aux Anglais! Mais il ne s'agit pas seulement de comprendre que la francophonie est une fausse amie, il faut surtout réaliser que cette ville extraordinaire respire le «made in Amérique» de tous ses pores. Montréal fait partie d'un monde où l'on peut se faire virer du jour au lendemain sans indemnités, où il faut travailler pendant cinq ans dans une entreprise avant de se voir royalement octroyer une troisième semaine de congés payés, où il vaut mieux être riche pour naviguer dans un système de santé totalement débordé, bref, une ville dont plupart des habitants se grattent l'occiput d'un air perplexe en découvrant les Unes des journaux consacrées à la révolte française contre le CPE! Allergiques au libéralisme, s'abstenir!

Jérôme Ferrer en sait quelque chose(1). Ce jeune chef provençal très doué arrive ici en 2001 avec son associé, son beau-frère et sa femme, plus un bébé de 15 jours. La bande des quatre croit pouvoir compter sur un pécule de 30,000 euros, provenant de la revente de leur restau de Saint-Cyprien. Une embrouille de notaire plus loin, ils découvrent en fait qu'ils n'ont pas un rond, même pas de quoi payer les billets d'avion pour le retour. Aucune aide, aucune allocation, les petits Français ne peuvent compter que sur eux-mêmes. «Soit on travaillait pour payer le billet, soit on appelait la famille. On est des fils d'agriculteurs, on ne l'a pas fait, ç'aurait été un échec cuisant.» Jérôme et sa bande font mille petits boulots, ils servent même de cobayes à l'industrie pharmaceutique, une expérience avilissante mais bien payée. Avant de repartir, ils décident tout de même de faire un dernier essai et ouvrent un restaurant microscopique avec 800 dollars en poche. Quatre ans de boulot forcené plus tard, ils emploient près de 40 personnes, et leur restaurant Europea est considéré comme l'un des meilleurs de la ville.

Morale de l'histoire? «Quelqu'un qui est vaillant et veut travailler va gagner de l'argent. S'il travaille le double, il gagnera le double, dit Jérôme, qui apprécie les faibles charges sociales, les crédits d'impôt, l'absence de contrôle tatillon... Ici, une entreprise qui va de l'avant, on la propulse. En France, tout ce que l'on récolte, c'est une avalanche de contrôles dès la première année.»

Mais il n'y a pas que les chefs d'entreprise qui soient fanas de ce «modèle québécois» tellement différent. Illustration: Laurence Leser, une femme bourrée de vie qui s'occupe aujourd'hui de la petite enfance à l'auberge de jeunesse de Montréal (YMCA), après un long détour par le commerce équitable. Arrivée en 1984 comme fille au pair, sans même le bac en poche, elle a repris les études tout en travaillant. «Pour un adulte, c'est facile. La Fac est payante, c'est vrai, mais personne ne vous regarde de travers. On peut faire son mélange à soi, tronc commun et options, et avancer à son rythme.» Évoluant dans le monde associatif, elle est la première à reconnaître les nombreuses failles du modèle québécois, mais elle n'envisage pas un seul instant de repartir en France. Prenez encore l'exemple d'Arnaud Sales, arrivé en 1969 et aujourd'hui directeur du prestigieux département de sociologie de l'université de Montréal: «Revenir à l'université d'Aix? Les premières années, j'y ai pensé. Mais j'en ai éprouvé de moins en moins l'envie. En France, quand on travaille chez un mandarin universitaire, on ne peut pas aller chez l'autre mandarin. Il faut être «dans le réseau».

Profitant de l'ouverture qui caractérise la société québécoise, certains Français sont devenus des sommités. C'est ainsi, par exemple, que Guy Cogeval, ex-fonctionnaire tricolore, est devenu le directeur du Musée des Beaux-Arts de Montréal, l'un des meilleurs d'Amérique du Nord. Ses collègues français sont toujours incrédules, mais lui se considère déjà québécois. «Je voulais de toute façon partir de France, j'ai toujours été attiré par le large, dit-il. Mais aussi j'en avais assez de ce petit monde de fonctionnaires où les gens passaient leur temps à s'envier, à ne rien faire ou à monter une expo dans le seul but d'épater son voisin de couloir. Ici, c'est un autre univers, qui associe l'efficacité et la précision d'horlogerie des musées américains avec la fantaisie débridée des Latins.» Pour lui, le cliché d'un Montréal qui emprunterait aux deux mondes ce qu'ils ont de meilleur est «entièrement vrai, et il l'est même chaque jour un peu plus».

Pourquoi, dans ces conditions, tant de Français repartent-ils déçus après quelques années? Les chiffres sont très imprécis mais, selon l'estimation d'un démographe québécois, un Français sur cinq quitterait l'État canadien après deux ans et demi, plus d'un tiers après cinq ans, et après huit ans il ne resterait plus qu'un Français sur deux. Ces expatriés mal dans leur peau, on les trouve facilement. José, par exemple, un artiste de 38 ans qui a du mal à s'intégrer: «Les gens sont relax, mais tu ne rentres pas dans leur vie facilement. En fait, entre nos deux cultures, il y a un énorme écart: ce n'est pas le même français, pas le même état d'esprit, pas le même sens de l'humour.» Attention aussi aux mauvaises surprises, aux diplômes sans équivalence, en particulier. Le Québec manque cruellement de médecins, infirmières ou vétérinaires, mais un corporatisme bien implanté vous oblige à repasser votre diplôme après deux ou trois ans si vous voulez exercer. Le gouvernement promet régulièrement d'améliorer les choses, mais celles-ci n'avancent guère. Claire Chat, une infirmière qui est arrivée ici en 2002, a dû se plier à la corvée de l'examen local: «Ça ressemble au diplôme d'État d'infirmier, avec une partie écrite, sauf que le volet pratique est complètement différent: vous passez devant une quinzaine d'acteurs, dix minutes chacun, qui jouent au malade et vous expliquent leurs symptômes, et vous devez indiquer ce qu'il faut faire!» Cela dit, une fois passé ce gros obstacle, Claire a apprécié les différences entre son boulot d'infirmière à l'hôpital parisien Necker, «incroyablement stressant, où l'on trouve le temps de déjeuner une fois sur dix», et l'équivalent montréalais, «où les conditions d'organisation du travail sont bien meilleures et où l'on peut se concentrer sur la partie intéressante de notre job».

Au total, même ceux qui se plaignent d'une «fausse hospitalité» des Québécois reconnaissent que cela vaut le coup de tenter l'expérience: «L'erreur de l'immigrant, c'est de venir sans savoir, avec son rêve «ma cabane au Canada», souligne François Lubrina, le vétérinaire. Mais il s'agit toujours d'une expérience enrichissante. Celui qui retourne en France appréciera davantage son pays, celui qui reste à Montréal trouve de nouvelles avenues, et il s'éclate.»

(1) Son parcours est l'un des vingt choisis par Bertrand Lemeunier et Éric Clément dans «Français de Montréal» (Ed. La Presse, 2005), un livre illustré de nombreuses photos de la ville.

Philippe Boulet-Gercourt

Le Nouvel Observateur»

Par Hubert Mansion - Publié dans : 17-Maudite question
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Samedi 8 septembre 2007 6 08 /09 /2007 03:45

 

Pourquoi le Québec passe-t-il son temps à célébrer la « cuisine ethnique » et jamais à honorer la sienne ?  Les animateurs s’émerveillent de plats libanais, de sushis, de n’importe quelle soupe au nid d’hirondelles, mais où parle-t-on des plats du terroir ? Si j’étais Canadien français, je serais effrayé de la vitesse à laquelle ma culture passe aux oubliettes, au profit d’une pseudo diversité culturelle aboutissant à connaître un peu des autres, mais rien de soi.

Ne pourrais-je pas entendre un Gaspésien parler des huîtres, de sa façon de préparer du poisson, au lieu d’un Montréalais en extase devant une fondue tchécoslovaque ?   Un homme du nord parler du nord plutôt qu’un immigrer m’enseigner comment préparer des tortillas ? Quand un pays n’a plus de cuisine, il faut craindre qu’il n’ait plus de culture.

Dans la chanson également, l’admiration sans borne des médias pour un chanteur aussi ennuyeux que Pierre Lapointe, par exemple, qui n’a de québécois que ce qu’il a de montréalais, c’est-à-dire de chance de plaire en France, au détriment d’un Richard Desjardins, m’attriste et m’angoisse. Si le multiculturalisme est une moyenne arithmétique de toutes les cultures, c’est une addition de bêtise et une dilution de soi. Même quand il est parsemé de discours de « générosité », et d’ « ouverture aux autres ». Le Québec, comme tout être humain, ne devrait se poser qu’une question : comment devenir moi ?

Par Hubert Mansion - Publié dans : 17-Maudite question
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