TOURTERELLES CDA

Tourterelles du Canada, espèce disparue


 

 

 "M'écrire" ; Hubert Mansion

 

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LES ENTREVUES

 

 

  

 Entrevue  du  17 mars 2006 :

avec  : Hubert  MANSION

par Denise BOMBARDIER

Radio-Canada  98,5 FM

 ÉCOUTEZ 

 


 

Vous m'en lirez tant

Entrevue  du  9  avril  2006 :

avec  : Hubert  MANSION

par : Raymond CLOUTIER

Radio-Canada  95,1 FM

 

 

Volet 1 : ÉCOUTEZ

Extrait audio du livre:

Volet 2 : ÉCOUTEZ

Volet 3 : ÉCOUTEZ


 

 

 Entrevue du 31 décembre 2007

 

 avec Hubert MANSION 

 

par Raymond DESMARTEAUX

 ÉCOUTEZ

 

 

 


 

 

 

 

 

 Entrevue  du  17 juillet 2006 :

avec  :  Hubert  MANSION

par  : Tommy  GAUDET et

Simon-Pierre BILODEAU

CHOQ   FM   -   70%

 

 

 

 

 

 Volet 1 : ÉCOUTEZ

Volet 2 : ÉCOUTEZ

Volet 3 : ÉCOUTEZ

 


 

  

 Auteur : H.Mansion

 

Auteur : H.Mansion

 


 

Auteur et Recherche:

 Hubert Mansion

   Mise en page / Audio

illustration / Animation:

 

Lise Bisson

 

 

 

 

 

Collaboration spéciale:

Merci à  Denis Grenier

Ainsi qu'à  Simon Senay

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CONCOURS

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11-Le Nord pur

Mardi 6 décembre 2005

On disait en France faux comme diamants du Canada parce que Jacques Cartier et ses hommes avaient pris le quartz pour la pierre précieuse et la pyrite de fer pour de l'or. Il n'empêche que Donnacona avait raison de prétendre à François Ier que le Canada contenait des diamants. On étudie actuellement les possibilités de l'extraire à 300 km au nord de Chibougamau, car on a trouvé un nouveau site. Ahston, la société qui entreprend l'étude, est même cotée en bourse et le cours de son action tourne aujourd'hui autour des 1,50$.

Le Canada est devenu le troisième producteur de diamants au monde et tous proviennent des territoires du Nord-ouest et du Nord du Québec.

Image : Nature.ca, Musée canadien de la nature

Par Hubert Mansion
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Samedi 24 décembre 2005

 

Pour se rendre à Chibougamau au départ de Montréal, on emprunte la 40 Est jusqu'à la bifurcation vers Shawinigan, et c'est à peu près le seul tronçon de route qui soit praticable en hiver. Au-delà de Shawinigan, l'aventure commence. La route jusqu'à Roberval est sinueuse, mal éclairée et imprévisible. Avant-hier, j'ai vu une voiture rendue pratiquement dans la rivière, l'année dernière la circulation était impossible sur une côte de 150 mètres rendue si glissante qu'il était impossible de la monter à pied. La quantité de sel jeté sur la route épuise en quelques heures les réserves du lave-glace, mais il n'y a aucun accotement pour s'arrêter et le remplir : on en est réduit, le soir, dans l'aveuglement créé par les phares, à rouler presque au pas en se tortillant sur le siège pour trouver, sur le pare-brise, un trou de visibilité.

Enfin on arrive au Lac Saint-Jean. Mais la vaste étendue de celui-ci crée des rafales de vent soulevant les montagnes de neige amassée sur les côtés de la route. Pendant quelques secondes on ne voit absolument rien, ni devant, ni derrière, comme si l'on se trouvait au milieu d'une tempête.  L'affaire se calme un peu jusqu'à La Doré, porte d'entrée de la réserve Ashapmushuan, également connue sous l'appellation de Parc de Chibougamau : près de 300km sans aucune habitation, sans relais de cellulaire, sans station d'essence et sans éclairage bien entendu. Avant-hier, la neige recouvrait la totalité de la route à 20 heures. On ne pouvait distinguer les bandes de circulation, ni les prochains tournants. De temps en temps des camions roulant à plus de 120 (car ils font cette route depuis 20 ans) me dépassaient dans un vacarme épouvantable: mais aussitôt qu'ils se replaçaient, les tas de neige soulevés par leurs dix roues se projetaient sur moi, m'obligeant à m'arrêter aussitôt, en pleine route, car je n'y voyais plus rien.

Au milieu du parc, une voiture accidentée entourée de policiers. Il fait moins 20 mais les deux jeunes conducteurs sont en t-shirt à côté du véhicule, réchauffés sans doute par le choc. Combien de conducteurs ont trouvé la mort sur cette route ! Combien d'accidents au milieu de nulle part, sans service de secours héliporté, sans même la possibilité d'appeler immédiatement... Il y a quelques jours, une voiture a heurté en pleine nuit un bloc de glace au milieu de la chaussée, tombé d'un camion.  Le conducteur a dû attendre le passage d'un véhicule pour se rendre à une borne téléphonique, appeler une dépanneuse et attendre encore.

Magnifique, rude et dangereuse, telle est la route de Chibougamau qui a derrière elle une longue histoire. D'abord chemin d'hiver utilisé pour approvisionner un poste de la Compagnie de la Baie d'Hudson à Mistassini et Chibougamau, ouverte à la circulation d'été dans les années 50 pour fonder la ville minière, elle n'est asphaltée que beaucoup plus tard, sous la pression des habitants qui la bloquent, face à face avec la police. L'asphalte a rendu la vie plus douce à bien des essieux, des pneus et des radiateurs. Mais permettant aux véhicules d'augmenter leur vitesse, a-t-il rendu la vie plus douce à la vie ? Je n'en suis pas sûr. D'autant que, fait incompréhensible pour moi, les poids lourds ne sont soumis à aucune limitation de vitesse particulière au Québec. Et des camions, il n'y a que ça sur la route de Chibougamau.

Par Hubert Mansion
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Mardi 27 décembre 2005

Il a vingt ans d'expérience dans la conduite de ces engins monstrueux que l'on voit dans la construction de barrage, et pourtant il n'a que 25 ans : mais Dominique Migneault a commencé à conduire à 5 ans, car sa famille possède une entreprise de machineries en tous genres. Déjà son fils de 10 mois joue avec un petit camion jaune, c'est dire ce que sera la quatrième génération des Migneault...

Dominique, qui habite à Chibougamau, travaille dans le Nord depuis toujours. Il a construit le chemin d'hiver des monts Otish (mines de diamants) et est maintenant occupé aux travaux d'Hydro-Québec à Eastmain.

Il concasse des pierres parfois gigantesques aux dimensions demandées, qui peuvent aller jusqu'au grain de poussière, ce qui lui permet de rencontrer des roches parcourues de veines de toutes les couleurs.

Le travail à Estmain dure 12 heures par jour,  sept jour sur sept, pendant des semaines et dans des conditions climatiques aussi dures pour les hommes que pour les machines. Par grand froid, tout gèle, y compris l'acier des machines qu'un simple coup peut briser en deux. Les arbres se fendent parfois d'un coup, les machines, tournant jour et nuit, ne parviennent jamais à atteindre une température acceptable : les pneus, l'huile,  les courroies, la direction, tout, absolument tout, gèle.

Je lui demande tantôt, alors qu'il m'emmène visiter une snow-mobile, le plus grand froid qu'il ait connu.

- Avec ou sans le vent ?, me demande-t-il.

- Sans.

- Moins 63 degrés Celsius, aux monts Otish. Par cette température, la respiration devient douloureuse, il faut enfiler deux cache-nez l'un sur l'autre. Avec le facteur vent, ça devait faire dans les -80 C.

Avec cela, il me parle avec regret du temps de son grand-père, quand il fallait se chauffer au bois, ramener des arbres de la forêt avec des chevaux canadiens et vivre dans un camp de bois rond. Si c'était un Parisien, on le traiterait de romantique; mais c'est un homme du Nord, qui sait de quoi il parle pour l'avoir déjà vécu. Et qui regrette la disparition progressive de la culture du Nord et la mémoire de ceux qui n'avaient, même par moins 60, jamais froid aux yeux.

Par Hubert Mansion
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Mardi 3 janvier 2006

Cet été des milliers d'hectares de forêts ont brûlé à Chibougamau et l'on a du faire venir des pompiers du Manitoba pour tenter d'arrêter les gigantesques incendies qui menaçaient la ville. L'hiver révèle aujourd'hui des centaines de troncs nus et noirs, dans la blancheur de la neige. Dans la ville, les roulottes (maisons mobiles d'un seul étage), les abri-tempos, les 4x4 et l'odeur du bois sortant des cheminées... En fond sonore, les motoneiges parfois. Le silence, le plus souvent.

Par Hubert Mansion
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Lundi 16 janvier 2006

Nous glissons sur la glace depuis l'époque glaciaire, sans doute, mais on n'en connaît la raison que depuis deux ou trois ans.

J'entends aujourd'hui un physicien du Nouveau-Brunswick (spécialiste de la physique du hockey) expliquer que c'est une infinitésimale couche liquide au-dessus de la glace, évidemment invisible à l'oeil nu, qui, créant une sorte d'effet de billes, fait tomber les passants, avancer les patineurs, déraper les voitures et les caribous. Sans elle, précisait ce professeur, la glace offrirait un coefficient de résistance semblable au béton.  

 

Par Hubert Mansion
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