TOURTERELLES CDA

Tourterelles du Canada, espèce disparue


 

 

 "M'écrire" ; Hubert Mansion

 

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LES ENTREVUES

 

 

  

 Entrevue  du  17 mars 2006 :

avec  : Hubert  MANSION

par Denise BOMBARDIER

Radio-Canada  98,5 FM

 ÉCOUTEZ 

 


 

Vous m'en lirez tant

Entrevue  du  9  avril  2006 :

avec  : Hubert  MANSION

par : Raymond CLOUTIER

Radio-Canada  95,1 FM

 

 

Volet 1 : ÉCOUTEZ

Extrait audio du livre:

Volet 2 : ÉCOUTEZ

Volet 3 : ÉCOUTEZ


 

 

 Entrevue du 31 décembre 2007

 

 avec Hubert MANSION 

 

par Raymond DESMARTEAUX

 ÉCOUTEZ

 

 

 


 

 

 

 

 

 Entrevue  du  17 juillet 2006 :

avec  :  Hubert  MANSION

par  : Tommy  GAUDET et

Simon-Pierre BILODEAU

CHOQ   FM   -   70%

 

 

 

 

 

 Volet 1 : ÉCOUTEZ

Volet 2 : ÉCOUTEZ

Volet 3 : ÉCOUTEZ

 


 

  

 Auteur : H.Mansion

 

Auteur : H.Mansion

 


 

Auteur et Recherche:

 Hubert Mansion

   Mise en page / Audio

illustration / Animation:

 

Lise Bisson

 

 

 

 

 

Collaboration spéciale:

Merci à  Denis Grenier

Ainsi qu'à  Simon Senay

W3C

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CONCOURS

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6-Montréalisme

Mercredi 1 mars 2006

Au fond, plus j'y pense et plus je m'en étonne : la société québécoise a réussi à être la plus féministe du monde, et  en même temps la plus masculine. Les femmes y ont sans doute plus de droits qu'ailleurs, à l'exception de celui d'être femmes.  On ne trouve  au Québec  en général, aucune des valeurs qui font la beauté de la femme : l'écoute, la compassion, la compréhension profonde,  la douceur  notamment, sont plus absentes du Québec que de n'importe quelle autre société occidentale que je connaisse.

Mais d'un autre côté, la plupart des étrangers au Québec s'accordent pour dire que les hommes n'y ont aucune place. Sont-ils dépossédés de leurs prérogatives ? Il me semble que oui. Ce n'est pas que les femmes québécoises aient substitué leurs valeurs à celles des hommes : elles les leur ont enlevées. Ce faisant, les hommes ne voient plus à quoi ils sont utiles.  Mais puisque leur masculinité est, en quelque sorte, exploitée par les femmes, il ne  reste  aux hommes qu'à ressortir leur féminité. Et c'est, me semble-t-il, ce qui arrive à Montréal : la société québécoise s'ouvrira aux valeurs féminines grâce aux hommes.

image 2 : dessin création Lise B.

Par Hubert Mansion
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Jeudi 20 avril 2006

 

Hier, à Montréal, vers 16h, près de chez moi.

Un homme mendie sur le trottoir.

Un passant le regarde et lui demande :

- Pourquoi as-tu besoin d’argent ? Pourquoi ne travailles-tu pas ?

- Parce que je me drogue, répond simplement l’autre, qui n’a sans doute plus rien à perdre.

- Alors attends, dit l’homme.

Il entre dans un « Jean Coutu » (une pharmacie) et achète une « trousse pour toxicomane » à 2$, (une seringue et un élastique).  Il  revient  donner la trousse au « quéteux ».

- Que Dieu vous bénisse, dit le toxicomane.

Qu’a fait Dieu ?

Par Hubert Mansion
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Lundi 15 mai 2006

À l'hebdomadaire ICI publie chaque année un sondage relatif à la vie à Montréal. S'agissant essentiellement de courrier de lecteurs, ce sondage n'a aucune prétention scientifique. En voici des extraits :

La meilleure raison de vivre à Montréal: à l'effervescence culturelle

La meilleure façon de voir que le printemps est arrivé: l'apparition de minijupe

Ce qui manque à Montréal: des poubelles

Ce qu’il y a de trop à Montréal: des sans-abri

Le meilleur restaurant français: l'Express

Le secret le mieux gardé de Montréal: les ruelles

La révélation artistique de l'année: Pierre Lapointe

L’endroit gratuit le plus intéressant à fréquente: la Grande bibliothèque

Le quartier le plus cool: le plateau Mont-Royal

Le prochain quartier le plus cool: Hochelaga-Maisonneuve

Le militant le plus enragé: Richard Desjardins

Deux informations typiquement montréalaises pour terminer :

« l'endroit public idéal pour baiser: le Mont-Royal » et

« le meilleur endroit pour fumer un joint tranquille: chez soi ou partout, on est à Montréal ! »

 

Par Hubert Mansion
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Vendredi 19 mai 2006

N'importe quel Européen séjournant quelque temps au Québec ne peut manquer d'être étonné par la quantité incroyable d'artistes, souvent très talentueux, qui y vivent.

 

Ce pays a pour la musique une dévotion nationale : s’il n'y a pas, à proprement parler, de Fête de la musique au Québec, c'est parce que la fête nationale elle-même est tout entière consacrée à la musique. Le nombre de festivals consacrés au jazz, à la musique du monde, aux nouveaux talents, à la chanson francophone, traditionnelle, électroacoustique, électronique, chorale etc. dépasse les limites de tout agenda portable. En été, Montréal est un festival de festivals et quand on habite au centre-ville, il suffit d'ouvrir sa fenêtre pour entendre, pendant quatre mois, les meilleurs musiciens du monde.

C'est dire qu'à côté des talents, il existe les structures. L'État subventionne, accompagne et reconnaît la musique comme, à mon sens, aucun autre pays au monde. C'est parce que la culture, au Québec, est un enjeu fondamental de l'histoire et de la politique. Il y a rien d'extraordinaire à ce qu'un chanteur français, en France, rassemble des milliers de spectateurs chantants avec lui. Mais au Québec, un événement semblable constitue une réaffirmation de la spécificité canadienne française. C'est un peu, à chaque fois, le banquet d'Astérix après la victoire mais on n’attache jamais le barde : on lui donne le micro car il chante juste.

Montréal, connue pour ses nids de poule, constitue ainsi la meilleure couveuse pour les talents naissants. Le mépris n'y a pas cours; la pauvreté n'est pas jugée, les producteurs sont accessibles.

Une nouvelle structure associative, à but non lucratif, propose aujourd'hui d’«améliorer la situation économique, sociale et professionnelle des artistes et artisans de tous les horizons culturels, de les regrouper, conseiller et de promouvoir leur carrière

L'idée fondamentale d’Affaires d’art est de développer chez les artistes le passage à l'acte. On y offre un coaching permettant aux créateurs de définir leurs ambitions et de circonscrire les étapes pour y accéder. L'association dispense, pendant une durée relativement courte, un service de conseil et d'accompagnement dans la réflexion, et l’accès aux outils et contacts de l’industrie. Il s'agit, en quelque sorte, du contraire du management, car l'artiste n'est pas ici débarrassé de ce qui l’ennuie et sort ainsi de sa relation de dépendance avec un personnage imaginaire et futur qui va tout faire à sa place.

Passer du message - déprimant - «soyez réalistes » au tonique «soyez réalisateurs» donnera des ailes aux uns et le vertige à d'autres. Le directeur de l’association, Michel Trépanier, me disait hier que certains, poussés au bout de leurs rêves, prennent soudain peur qu'ils se réalisent quand d'autres ne peuvent plus attendre de les vivre. Cette solution est toujours préférable au cauchemar d'avoir voulu être un artiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiste.

info@affairesdart.org

http://www.fetenationale.qc.ca/

Par Hubert Mansion
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Mardi 30 mai 2006

Lors de mon premier voyage en Amérique, je fus extrêmement surpris par le nombre incroyable de gadgets que les Américains possédaient pour améliorer leur vie quotidienne. J’étais fasciné, à l'époque, par les ouvertures automatiques des portes de garage. Non pas par le mécanisme lui-même, mais par le fait que les Européens n'avaient pas pensé à l'installer chez eux. Je me souviens qu'en poussant sur le bouton de la commande à distance de la porte du garage d’Hollywood, je me disais chaque fois: «que penserait  mon père de ce mécanisme?».

Mais j'entendais déjà sa réponse. Il aurait dit : la paresse est un vilain défaut et il est préférable de sortir de sa voiture, de lever les portes, de rentrer dans son véhicule, d'entrer dans le garage, de se garer et de fermer les portes de garage, plutôt que de pousser stupidement sur un bouton pour se passer d'exercice. C’est du reste ce qu'il fit pendant plus de 50 ans.

Un Américain objecterait qu'en agissant ainsi, mon père a en fait gaspillé à ouvrir et fermer les portes l'équivalent, à raison de trois minutes par jour, de 912 heures qu'il aurait pu passer à faire autre chose. Ce point est d'ailleurs discutable car mon paternel, en fermant les portes du garage, fermait symboliquement celles de son travail, ce qui lui permettait de se débarrasser mentalement de ses soucis professionnels lorsqu'il venait retrouver sa femme et ses enfants.

Ceci dit, si mon père pouvait trouver quelque vertu presque bouddhique à agir de la sorte, qu'en est-il des autres habitants de l'Europe? Pourquoi n'installaient-t-ils pas de commande à distance, alors que les Américains le faisaient en masse?

Parmi les nombreuses raisons qui pourraient expliquer une telle énigme, il me semble que l'une d'elles provient de ce que les Américains tentent plus généralement que les Européens d'améliorer la situation dans laquelle ils vivent. Ils sont d'ailleurs, à ce titre, les champions de ce qu'on pourrait appeler une «technique de vie» basée sur une philosophie utilitariste qui m'a toujours émerveillé. Non seulement ils visent à  réformer les conditions matérielles dans lesquelles ils vivent, mais ils cherchent à progresser dans leur façon de vivre et de penser, bien plus que les Européens. Bien sûr, ils ne le font pas tous et beaucoup d'Européens le font : je veux ici parler de tendances générales dans lesquelles se trouvent des milliers d'exceptions (quand je tiens de tels propos à table par exemple, il y a toujours un imbécile pour affirmer que je me trompe parce que sa belle-soeur fait le contraire de ce que j'énonce).

Je suis donc fasciné par le fait que les Américains, à commencer par Emerson, aient réussi à combiner l'utilitarisme à la philosophie, ce que ne font généralement plus les Européens depuis à peu près 1000 ans, si toutefois ils l'ont déjà fait. Jean-Paul Sartre, à la Closerie des Lilas, avait sans doute son charme mais je doute qu'il ait aidé réellement quelqu'un à vivre mieux dans le monde : tandis que  ce petit texte adressé aux adolescents et attribué par la rumeur à Bill Gates (mais en réalité tiré du livre de Charles J. Sykes,  Dumbing down our kids) peut faire évoluer ceux qui l’auraient lu à l’école :

Règle 1: La vie n'est pas juste; il faudra vous y faire.

Règle 2: Le monde se fiche de votre estime personnelle. Le monde s'attendra à ce que vous réalisiez quelque chose AVANT que vous ne vous sentiez bien dans votre peau.

Règle 3: Vous ne toucherez pas 40 000 dollars par année immédiatement en sortant de l'école secondaire. Vous ne serez pas vice-président d'entreprise avec un téléphone dans votre voiture avant d'avoir gagné et mérité les deux.

Règle 4: Si vous pensez que votre professeur est sévère, attendez d'avoir un patron.

Règle 5: Être plongeur dans un restaurant n'a rien d'humiliant. Vos grands-parents utilisaient un terme différent pour décrire ce genre de boulot, ils appelaient cela "s'ouvrir des portes".

Règle 6: Si vous vous retrouvez dans le pétrin, ce n'est pas la faute de vos parents, alors ne vous plaignez pas de votre sort et tirez-en plutôt les leçons nécessaires.

Règle 7: Avant votre naissance, vos parents n'étaient pas aussi ennuyeux qu'ils le sont aujourd'hui. Ils sont devenus comme cela à force de payer vos factures, de laver vos sous-vêtements et de vous écouter  raconter à quel point vous êtes cool. Alors, avant de penser sauver la forêt équatoriale des parasites de la génération de vos parents, essayez de mettre un peu d'ordre dans votre propre chambre.

Règle 8: Votre école a peut-être cessé de distinguer les gagnants des perdants, mais pas la vie. Dans certaines écoles, ils ont éliminé la note de passage et ils vous donneront autant de chances que vous voulez avant de trouver la bonne réponse. Cela n'a absolument RIEN À VOIR avec la vraie vie.

Règle 9: La vie n'est pas divisée en semestres. Vous n'êtes pas en vacances tout l'été et très peu d'employeurs sont intéressés à vous aider à vous retrouver. Faites cela durant vos temps libres.

Règle 10: La télévision N'EST PAS représentative de la vraie vie. Dans la vie, en réalité, les gens doivent quitter le restaurant et retourner travailler.

Règle 11: Soyez gentils avec les "nerds". Il y a de bonnes chances que vous finissiez par travailler pour l'un d'entre eux.

Mon père, qui refusait la télécommande, aurait applaudi des deux mains (après avoir fermé le garage).

Par Hubert Mansion
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