Dimanche 13 novembre 2005
copyright Tournassoud, Tranchées 1915 (?), autochrome.
Le 11 novembre en Amérique du Nord est consacré Jour du Souvenir, sans rapport particulier avec le 11 novembre 1918, alors même que tout le monde dans les médias porte un coquelicot, souvenir anglais de la Bataille de la Somme.
Ce jour est devenu le prétexte à tous les souvenirs de guerre. Les enfants chantent dans les écoles une chanson de Céline Dion ( S'il suffisait d'aimer), des militaires viennent visiter les classes pour leur parler de la guerre de Corée, bref on se souvient de tout : mais pas des Poilus.
Dommage. A force de généraliser et de faire de bons sentiments, la mémoire devient confuse et s'y perd. On finira par ignorer la Grande Guerre, qui fut pour les civils la plus cruelle, et la plus pénible pour les militaires. Je me souviens de mon grand-père dans les tranchées près de Bruges, jeune officier que ma future grand-mère aimait déjà. Je revois les photos représentant mon arrière-grand-père, gouverneur de la Flandres occidentale, aux côtés du roi Albert Ier. Enfant, je visitais les tranchées de la Mer du Nord avec mes oncles qui m'expliquaient les inondations, les rats et la peur au ventre. Il y avait les défilés, les anciens soldats, tous morts aujourd'hui, qui venaient rendre leurs hommages à mon grand-père. J'entends ma grand-tante me raconter que les Allemands avaient coupé les doigts des femmes pour en prendre les bagues, et je me souviens des témoignages de poilus rentrant en ville pour y trouver leur épouse partie avec un autre. Et comment ne pas se rappeler les grands poètes morts, les autres blessés, le monde qui change ? Ah ! Que Dieu me préserve des bons sentiments. Car c'est bien de la cruauté des hommes qu'il faudrait se souvenir.
Par Hubert Mansion
0
-
Recommander
Le Canada arrive au deuxième rang des pays les mieux perçus dans le monde, derrière l'Australie, selon une étude d'une firme de marketing Anholt-GMI qui a 10 000 personnes dans 25 pays pour évaluer l'image de marque de divers États.
Le Canada est suivi de la Suisse et de la Grande-Bretagne, tandis que les États-Unis se classent onzièmes.
Et pourtant la même étude a classé la culture du Canada en 20ème position. A mon avis, la seule existence de Glenn Gould aurait du le faire classer dans le top 10 - mais on ignore le plus souvent que ce prodigieux pianiste était canadien. Quoi qu'il en soit, alors que des pays comme la France, l'Italie, la Belgique, les États-Unis et d'autres investissent des sommes énormes à répandre leur culture, je n'ai jamais été informé d'une semblable initiative canadienne. L'offensive québécoise est, elle, impressionnante.
Par Hubert Mansion
0
-
Recommander
Du point de vue juridique, le droit du Québec offre de nombreux étonnements aux juristes européens.
En gros, le droit civil est de type romain, tandis que le droit pénal repose sur la common law. Néanmoins la procédure, tant civile que pénale, est toujours de type common law. C'est pourquoi l'on voit les avocats poser directement les questions aux demandeurs, accusés et témoins, ce qui a notamment pour conséquence inattendue que les honoraires sont ici beaucoup plus élevés qu'en Europe. En effet, quand, en France ou en Belgique, c'est au juge qu'il revient de faire les enquêtes durant le procès, ici ce sont les avocats qui s'en chargent : ils doivent donc non seulement se rendre et participer aux audiences, mais également les préparer : et tout cela se paie.
La justice criminelle influencée par le droit anglais est, pour moi, un sujet fascinant dans bien des aspects : la notion de toucher, de contact physique, occupe dans le système juridique anglo-saxon une place inexistante en droit romain. Dans certains états américains, par exemple, la procédure d'arrestation impose un contact physique. On voit même ces notions s'étendre au droit civil : une notification légale suppose ainsi que la personne faisant office d'huissier touche la personne à qui est remis le pli.
Mais parmi tous ces usages, le plus étonnant n'est-il pas celui-ci : au Québec comme au Canada, la loi interdit aux juges de prononcer une peine le dimanche, jour du Seigneur. Pour comprendre une telle particularité, il faut se souvenir que la constitution canadienne est l'une des dernières qui reconnaisse, dans ses articles, l'existence de Dieu.
Par Hubert Mansion
0
-
Recommander
VOS COMMENTAIRES