Poésie pour tous

Publié le par Hubert Mansion

Quantité de gens au Québec  s’inquiètent de la qualité de la langue, mais ils devraient prendre garde que les reproches adressés aux francophones ne finissent par tourner ceux-ci vers l’anglais. Le cas s’est souvent vu en Amérique: de nombreuses communautés francophones ont entièrement disparu sous les critiques. Ce n’est d’ailleurs pas très difficile à comprendre, car la honte de mal parler une langue étrangère nous conduit souvent à l’éviter.

 

Il ne faudrait pas punir ceux qui parlent (mal) le français, mais les encourager; pas stigmatiser leurs erreurs – cette langue est difficile – mais récompenser leurs efforts. Et surtout leur enseigner l’amour plutôt que l’orthographe ou la syntaxe. C’est l’amour de la langue, comme de toutes autres choses, qui nous mène à la soigner, mais ce ne sont pas les règles, qui ennuient tout le monde.

 

Et bien souvent, l’amour naît de la beauté. Il faut montrer la beauté pour éveiller l’amour. Et celle-ci se trouve, pour la langue française, essentiellement dans la poésie.  Aucun art n’a porté plus haut cette « longue hésitation entre le son et le sens » (Paul Valéry).

 

Les ministres devraient donc proclamer la poésie avant les dictées, la beauté avant les règles, l’amour avant le devoir. Mais cela supposerait que ceux qui enseignent le français l’aiment. Non pas pour des raisons presque syndicales mais juste parce qu’ils y ont trouvé la grammaire de leur cœur.

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Hubert 19/03/2008 02:06

Merci pour ces commentaires. Je participais ce mation à une émission de la CBC et j'ai été impressionné par l'intérêt que les Canadiens anglophones portent au français du Québec. Cela n'a sans doute pas toujours été le cas, mais les choses changent et il faut s'en réjouir. En revanche, n'est-il pas désolant que le plus grand événement de la langue française soit aujourd'hui...une dictée ?

Cendrine Marrouat 13/03/2008 00:40

Combien je partage ces idées!!! Je suis enseignante de français depuis des années et c'est ce que je déplore! Souvent mes élèves (des anglophones en majorité) se désintéressent du français, car ils se font sermonner par les franco-canadiens en place, qui osent critiquer leur façon de parler parfois un peu gauche. Quel dommage que les fiertés de chacun passe au-dessus de l'amour de la langue!

Marianne (France) 09/02/2008 17:57

Oh Monsieur Mansion
Comme vous avez raison !
Ce qui éloigne d"une langue, ce ne sont pas ses subtilités,
Mais bien la tiédeur de notre courage à nous en emparer sans timidité !
 
Toutes mes salutations et merci de vous porter en défenseur de notre langue.