A ceux qui rêvent d’émigrer

Publié le par Hubert Mansion

 

 

Combien de fois n’ai-je entendu cette phrase selon laquelle on ne change pas de problèmes en changeant de pays, raison pour laquelle il ne servirait à rien d’émigrer. Ne change-t-on déjà pas d’humeur en changeant de vêtements ? En lisant, en rencontrant certaines personnes, en écoutant de la musique, n’améliore-t-on pas souvent notre état intérieur ? Alors au nom de quoi un changement radical de pays, d’environnement, d’habitudes et de contexte n’aurait-il pas d’impact immédiat sur notre bonheur ? Si ce n’était pas le cas, pourquoi partons-nous tous en vacances ?

 

Bien sûr, la mobilité ne règle pas tous les problèmes. Mais l’inertie n’en règle aucun.  D’ailleurs, aujourd’hui, quand on part on peut toujours revenir. L’immigration n’a plus cet aspect définitif qui la rendait lourde, en Sicile, en 1920.  On se retrouve sans doute un peu stupide, quand on retourne à la case départ après une éclipse provisoire, mais ça ne dure que deux mois et il faut parfois essayer plusieurs fois avant de réussir. Qu’importe ?

Emigrer, du reste, commence dans la tête. Celui qui rêve d’ailleurs, qui voyage dans les livres et les photos ou sur le Net a déjà gagné sur l’inertie. Tout bouge, y compris la terre et les tourniquets de cartes postales. L’immobilité est contre-nature, contre le temps, contre la vie. Et aujourd’hui c’est un péché contre le monde.

Commenter cet article

Beah 15/02/2007 09:49

J'aime beaucoup ce point de vue et le désir de changement est à mon avis un motif tout aussi valable qu'un autre.