JEUX DE PISTE

Publié le par Hubert Mansion

 

Je suis resté chez les scouts assez de temps pour jouir du  plaisir de les quitter.  Sans que je puisse alors le comprendre, parce que je n’arrivais pas à le verbaliser, je ressentais un malaise à vivre sous l’autorité stupide des chefs scouts, en plein milieu de la liberté de la nature. À quoi sert de s’enfoncer dans les bois si c’est pour se retrouver dans l’armée ?  Une des activités que je trouvais les plus ridicules s’appelait le jeu de piste. Il s’agissait, comme chacun sait, de retrouver des objets qui n’intéressent personne au moyen de techniques héritées des Indiens du temps où ils utilisaient la peinture au latex.

Cette activité, qui se passait généralement sous une pluie épouvantable, était toujours placée sous la devise de Pierre de Coubertin, pour éviter le bagarre de la fin : « l’important n’est pas de gagner mais de participer. »  Mais si je me retrouvais aujourd’hui devant Epagneul hitlérien qui, je crois, est devenu gynécologue, je mettrais deux choses au point avec lui.  Premièrement, la phrase de Pierre de Coubertin, qui m’a toujours énervé.  Deuxièmement, les jeux de piste.

J’obligerais Epagneul hitlérien à poser ses ustensiles (il pourrait garder son stéthoscope autour du cou car cet imbécile a toujours eu besoin de signes extérieurs d’autorité) et à écouter l’historique suivant :  Quand on se promène sur les routes du Nord, on voit souvent, surtout en hiver, des petits poteaux plantés dans le sol où flotte un drapeau. Ils indiquent l’existence d’un campement de chasse.

Depuis très longtemps, les Crees, les Montagnais et bien d’autres communiquent par cette méthode. Elle est d’ailleurs beaucoup plus sophistiquée qu’une simple indication routière. Avant l’époque des radios et les téléphones cellulaires, on pouvait, par exemple, faire un appel au secours : dans le poteau, était planté une flèche creusée d’une rigole faite au couteau. Selon la direction de la flèche, on comprenait la direction à suivre; l’entaille indiquait la maladie, la famine ou la situation d’urgence. Et le nombre de petits poteaux plantés à côté du poteau principal précisait celui des jours de marche pour atteindre la personne en difficulté.

Ce n’est pas tout. Pour montrer qu’on avait pris connaissance de l’appel au secours, on pratiquait une entaille sur le poteau vertical; sur la flèche, on posait un petit anneau de branchages, ce qui signifiait : je reviendrai bientôt. Quand, par malheur, après avoir suivi cette piste, on ne trouvait qu’un mort, on revenait sur les lieux de la première indication, on noircissait l’encoche de la flèche et on y suspendait une petite croix noircie également pour indiquer le décès. Mais jamais aucun Indien ne s’est cassé le cul pour retrouver une vieille montre rouillée sous une pluie battante à 3 km d’un centre d’achats où on en trouve pour 1 $.

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David Bertrand 11/09/2006 17:35

Bonjour,
 
Est-ce Hubert Mansion lui-même qui lit ce courriel?
Le cas échéant, pourriez-vous me contacter par mail à l'adresse dafbert@yahoo.com?