STÉPHANIE : du Tipi au Loft

Publié le par Hubert Mansion

 

On n’a pas beaucoup dit, il me semble, que la gagnante de la version québécoise du Loft est une Métisse Cri originaire de Chibougamau.

 

On ne peut pas s’imaginer d’évolution plus rapide que celle qu’a dû connaître sa famille amérindienne, dans les 50 dernières années. Le botaniste Jacques Rousseau, qui a visité à Mistassini et y a séjourné fin des années 40 - début 50 - (et conteste d’ailleurs le nom Cri qui est une adaptation de l’anglais) a rapporté les conditions de vie des Mistassins dans plusieurs articles de journaux parus à l’époque. 1950, c’était hier, à l’époque même où se construisait Chibougamau. La plupart des cris habitaient encore sous tente, se nourrissaient  essentiellement de chasse et de pêche, pratiquaient la cérémonie de la tente tremblante et n’étaient qu’épisodiquement en rapport avec la population blanche. Ils vivaient, faut-il le dire, dans des conditions assez misérables avec un taux de mortalité très élevé, bien souvent dans la famine, soumis à des froids extrêmes.

 

Cinquante ans plus tard, voici donc Stéphanie au chaud dans le Loft et je me demande si l’une des causes de sa victoire n’est pas l’appui massif de sa communauté qui voit enfin l’une des siennes autre part que dans un documentaire sur la chasse au castor, précédé en exergue du sempiternel proverbe sioux : Nous n’héritons pas de la terre, nous l’empruntons à nos enfants – qui est de Saint-Exupéry, en fait.

Publié dans Le Livre

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