Vieux parler acadien

Publié le par Hubert Mansion

 

 

Le français ne peut plus distinguer à l’oreille il chante de ils chantent, ce qui est une lacune peu pratique. En ancien acadien, la terminaison différait dans le singulier et le pluriel puisque celui-ci se terminait en ont : i chantont, i aimont, etc. Elle provenait directement du latin (dicunt, amant, faciunt).

Le passé simple portait très bien son nom : alors qu’il est aujourd’hui tellement compliqué que plus personne ne l’emploie, on conjuguait tout en i, comme le dit cette petite histoire : « je vis un lièvre, je l’suivis, l’visis, l’tiris, le tuis, l’attrapis, l’apportis à la maison, l’écorchis, l’cuisis et le mangis ».

La langue acadienne comportait de très nombreuses particularités. On ne connaissait pas le mot très, de sorte qu’on répétait souvent l’adjectif pour le renforcer : il est beau, beau, signifiant il est très beau. On ignorait également le mot bruit, que l’on remplaçait par tintamare ou train. Mais la plus grande particularité de cette langue est qu’on n’employait l’anglais que pour les insultes (les Acadiens ne sacraient pas) et pour parler aux animaux…!

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Julie 13/01/2008 19:00

Salut !
Mes grands-paternels étant des Madelinots (Iles-de-la-Madeleine), m'ont toujours dit qu'ils tiraient leur accent particulier du fait qu'après La Grande Déportation, ils ont enlevé de leur français oral le 'R' pour souligner  leur  colère au 'r'oi et à la 'r'eine d'Angleterre face à ce terrible événement ! 
Humblement,
Julie