Avoir de besoin

Publié le par Hubert Mansion

 

Pourquoi les Québécois disent-ils «j’en ai de besoin» au lieu de «j’en ai besoin »?

L’expression est attestée dans le français provençal au XIXe siècle, dans le parler picard, celui de l’Ouest de la France, en Gironde, dans l’Aunis et la Saint-Onge, et Stendhal écrit  «…combien je prise ses conseils et combien j’en ai de besoin».

La forme vient, comme beaucoup de mots et d’expressions d’Amérique, du français des XVIe et XVIIe siècles.

Au XVIe siècle, la locution «de besoin » était courante et l’on disait également «avoir de coutume» pour «avoir coutume», «avoir d’usage» comme «avoir usage»,  etc. Étant ancienne, elle est condamnée par une petite armée d’instituteurs qui y voient un archaïsme, quand ils connaissent un peu le français, et une faute quand ils l’ignorent.

«Laissez-moi j’aurai soin de vous encourager s’il en est de besoin»

avait dit Molière.

Enracinée dans le parler français, l’expression «avoir de besoin» se retrouve même en Suisse et est toujours vivante dans certaines régions de France comme au Québec, véritable conservateur de l’ancienne langue.

Si nos correcteurs de tous poils pouvaient la laisser tranquille, ils m’obligeraient.

On ne peut pas à la fois, comme ils le font, reprocher aux Québécois de ne pas s’intéresser à leur histoire et de garder des traces de cinq siècles de français dans leur langue.
 

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Hubert 09/06/2008 20:05

Bonjour Julie,Merci pour votre commentaire. Je vous souhaite du bonheur dans le Saguenay ! J'espère que vous aurez l'occasion de visiter toute cette région et même de poursuivre un peu plus au nord... Tenez-moi au courant de vos découvertes.

Julie 08/06/2008 13:59

Bonjour,Je tenais simplement à vous remercier pour ce "guide" que j'ai eu la chance de lire dernièrement ! Je suis en train de préparer mon départ pour le Québec (plus exactement pour Saguenay) et l'on m'a offert votre livre comme une plaisanterie ! Mais il n'en ai rien ! Vous m'avez fait découvrir autrement ce pays, qui, je dois l'avouer quand même, me fait un peu peur parfois. Pauvre française que je suis, vous m'offrez un autre regard, loin des clichés habituels de l'hiver intenable et de la langue étrange et rigolote.Votre ouvrage est plein d'humour et surtout d'amour pour cette région.Sincèrement, merci !Je n'ai plus qu'à me dénicher le Guide de Survie pour Montréal et je serai prête !Amicalement, Julie.