Entrevue du 17 mars 2006 :
avec : Hubert MANSION
par Denise BOMBARDIER
Radio-Canada 98,5 FM
Entrevue du 9 avril 2006 :
avec : Hubert MANSION
par : Raymond CLOUTIER
Radio-Canada 95,1 FM
Volet 1 : ÉCOUTEZ
Extrait audio du livre:
Volet 2 : ÉCOUTEZ
Volet 3 : ÉCOUTEZ
Entrevue du 31 décembre 2007
avec Hubert MANSION
par Raymond DESMARTEAUX
Entrevue du 17 juillet 2006 :
avec : Hubert MANSION
par : Tommy GAUDET et
Simon-Pierre BILODEAU
CHOQ FM - 70%
Volet 1 : ÉCOUTEZ
Volet 2 : ÉCOUTEZ
Volet 3 : ÉCOUTEZ
Auteur : H.Mansion
Auteur : H.Mansion
Auteur et Recherche:
Hubert Mansion
Mise en page / Audio
illustration / Animation:
Lise Bisson
Collaboration spéciale:
Merci à Denis Grenier
Ainsi qu'à Simon Senay
Si Mme de Pompadour revenait à Versailles, elle serait surprise de
l’absence d’odeurs fétides qui y règne et des femmes en short qui la regarderaient se décongeler lentement. Mais il n’y aurait pas un Français pour
la comprendre.
-Y fait frette, farmez la f’nête!
-Qu’est-ce qu’elle a dit? demanderait le Conservateur tout en appelant Sarkozy pour lui annoncer la nouvelle incroyable du retour de la Pompadour.
-A parle-tu à moé? chuchoterait discrètement un Tremblay à sa femme, croyant assister à une mise en scène historique comme on en voit malheureusement à Québec.
-Kékun a-ti un habi neu?
-Qu’est-ce qu’elle a dit? Qu’est-ce qu’elle a dit?
La Pompadour, ayant entendu Tremblay parler à sa femme car sa décongélation avait commencé par les oreilles, supplierait aussitôt «st’homme»:
-Allez cri un habi neu! Et ajeter des souyers!
Et
l’on verrait Tremblay aller quérir un habit neuf et acheter des souliers sous le regard ébahi de
Français apprenant que la Marquise s’exprime avec «un accent de paysan».
Ce n’est pas ce qu’on voit dans les films «historiques» où les
duchesses parlent comme au journal de TF1: mais c’est pourtant la vérité. Et l’un des grands mérites de l’ouvrage «D’où vient l’accent des Québécois» est, à propos d’accent, de remettre les points sur les «i».
L’auteur, Jean-Denis Gendron, professeur émérite de l’Université
Laval (Québec), démonte avec brio les idées reçues sur la prononciation canadienne française. Non, elle n’est pas celle des «paysans», ni des Normands comme le disent souvent les touristes.
C’est, en gros, celle de l’usage commun, toutes classes confondues, d’avant la Révolution. À preuve, les remarques des voyageurs français en Nouvelle-France: «Il n’y a pas d’accent au Canada» dit un Jésuite dans un concert unanime. «On y parle un français aussi pur qu’à Paris» affirme en substance un autre
observateur.
Après la Révolution et jusqu’à aujourd’hui, les remarques sur l’accent québécois, au contraire, pleuvent. Que s’est-il passé? Un remaniement profond de l’accent, sous la pression de la bourgeoisie parisienne. Autour de 1789, explique Gendron, une nouvelle norme phonétique s’installe progressivement à Paris puis en France, pour des raisons exposées en détail dans l’ouvrage. Le Canada, au contraire, maintient la tradition ancestrale. Chateaubriand l’avait noté: «À peine entendons-nous parler dans quelque bourgade du Canada et de la Louisiane… la langue de Colbert et de Louis XIV». Dommage que les Québécois ne le sachent pas.
Jean-Denis Gendron, D’où vient l’accent
des Québécois, Presses Universitaires de Laval, 2008
Photo 1 - Louise
Leblanc
Québec historique (Hilton
Québec)
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