Le concept de santé chez les Cris de la Baie James

Publié le par Hubert Mansion

Le terme santé se traduit en cri par miyupimaatisiuun, bonne vie. Étant donné que, dans la tradition crie, la mort n’est pas le drame qu’elle représente pour les Occidentaux, une famille peut très bien dire d’un de ses membres mourant à l’hôpital qu’il est miyupiyuu s’il se trouve dans des conditions d’accueil acceptable et entouré des siens, alors qu’elle dira d’un autre souffrant d’une maladie légère mais éloigné de tous, qu’il va mal. On imagine comme une telle différence de concept a pu engendrer de malentendus entre Amérindiens et médecins peu formés à la mentalité crie.

Mais il existe bien d’autres sources de malentendus : les Cris n’aiment pas les questions directes (pas même de la part d’un médecin); ne donnent pas davantage de réponse immédiate ni ne tolèrent les questions à caractère sexuel. Autant dire que le médecin novice traitant un cas d’abus sexuel peut éprouver des difficultés presque insurmontables pour soigner son patient s’il n’est guidé par quelqu’un d’expérience. Sans compter - car il faut toujours que je fasse une petite blague stupide - qu'il est hors de question pour un docteur de dire par exemple à un groupe amérindien blessé : Je veux bien vous soigner. Mais je ne veux pas un cri. N'est-ce pas moi, au fond, qui devrais me faire soigner ?

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