How to Shit in the Woods

Publié le par Hubert Mansion

Une certaine conception de la nature va si loin qu’il existe aux États-Unis un programme appelé « Leave No Trace » qui enseigne comment faire ses besoins dans les bois…

On pourrait naïvement croire que la seule activité ne nécessitant aucun mode d’emploi était la défécation, puisqu’à peine nés, nous nous y sommes mis : mais non.

Kathleen Meyer, auteur du livre susnommé, a publié un guide pour expliquer comment faire ce que tout le monde sait faire depuis 5.000 ans: des besoins dans la nature. L’idée est, bien entendu, que les bactéries des excréments polluent la nature et particulièrement les cours d’eau, dès lors il faut prendre garde : soit creuser un trou de 15 à 20 cm dans un endroit situé à au moins 70 mètres de hauteur par rapport aux cours d’eau environnant, soit se munir de « poop tubes » spécialement contenus pour transporter les excréments à la maison. J’imagine le promeneur pris d’un besoin pressant, compter 70 mètres de dénivellation en partant du cours d’eau en employant ces appareils qu’utilisent les architectes pour dessiner des routes, sortir sa pelle pour creuser et enfin s’apercevoir, au bord du coma 15 minutes plus tard, qu’il lui manque 5 cm pour se satisfaire : merde alors ! Oui, mais ce n’est pas fini : car le papier hygiénique, il n’y faut pas songer. On doit utiliser, si l’on respecte la nature, des cônes de pins (l’auteur n’a jamais essayé, je suppose), des branches (en évitant de s’approcher trop près), de la neige sans éternuer, ou des feuilles. Une adepte québécoise a récemment déclaré à la Presse (elle n’osait sans doute pas évoquer le papier journal) qu’après avoir essayé tous ces moyens, elle préférait les feuilles mortes - n’est-ce pas une fantastique découverte ?

J’en ai faite une autre : c’est que s’il est vrai que les bactéries nuisent à la nature, pourquoi se limiter aux seuls humains ? Qu’attend-on pour mettre des langes aux orignaux, des couches aux castors et des Pampers aux ours ? Imagine-t-on les tonnes de pollution, les milliards de bactéries que l’on s’éviterait ? Qu’en pensez-vous, Kathleen ? On a oublié les canards ? Si on en parlait à Lysol ?

MEYER, Kathleen. How to Shit in the Woods, Ten Speed Press, 1989, 77p.

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Sergela 14/01/2006 02:41

Un petit bonjour en passant pour te dire que je reviendrais relire des choses sur ton site...et t,inviter a decouvrir la politqiue ici au Québec et au Canada....