TOURTERELLES CDA

 

  

 Entrevue  du  17 mars 2006 :

avec  : Hubert  MANSION

par Denise BOMBARDIER

Radio-Canada  98,5 FM

 ÉCOUTEZ 

 


 

Vous m'en lirez tant

Entrevue  du  9  avril  2006 :

avec  : Hubert  MANSION

par : Raymond CLOUTIER

Radio-Canada  95,1 FM

 

 

Volet 1 : ÉCOUTEZ

Extrait audio du livre:

Volet 2 : ÉCOUTEZ

Volet 3 : ÉCOUTEZ


 

 

 Entrevue du 31 décembre 2007

 avec Hubert MANSION 

par Raymond DESMARTEAUX

 ÉCOUTEZ

 


 

 

 

 Entrevue  du  17 juillet 2006 :

avec  :  Hubert  MANSION

par  : Tommy  GAUDET et

Simon-Pierre BILODEAU

CHOQ   FM   -   70%

 

  

 Volet 1 : ÉCOUTEZ

Volet 2 : ÉCOUTEZ

Volet 3 : ÉCOUTEZ

 


 

  

 Auteur : H.Mansion

 

Auteur : H.Mansion


 

Auteur et Recherche:

 Hubert Mansion

   Mise en page / Audio

illustration / Animation:

Lise Bisson

 

Collaboration spéciale:

Merci à  Denis Grenier

Ainsi qu'à  Simon Senay

 


 

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ENTREVUES

Tourterelles du Canada, espèce disparue


 

 

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Mardi 24 juin 2008

 

Une psycho-généalogiste française dont j’ai malheureusement perdu le nom déclarait récemment que Sarkozy ferait bien de demander pardon au Québec, au nom de la France, pour avoir abandonné la Nouvelle-France.

 

Elle expliquait qu’une telle demande de pardon purgerait l’inconscient collectif québécois d’un de ses plus graves traumatismes.

 

Il n’en coûterait rien à Sarkozy et cela pourrait en effet soigner de vieilles blessures toujours visibles aujourd’hui. Mais c’est au Canada entier qu’il devrait s’adresser, et non pas au Québec seulement.

 

Quand on demande pardon, on vient avec des fleurs. Il pourrait venir avec des fleurs de lys qu’il planterait lui-même sur les Plaines d’Abraham. 

 

Et ensuite une chanson.

 

La seule qui s’impose en cette circonstance ne serait-elle pas: Il y a quelqu’un qui m’a dit que tu m’aimais encore?
par Hubert Mansion publié dans : 2-Comprendre les Québécois
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Mercredi 28 mai 2008

 

Pourquoi les Québécois disent-ils «j’en ai de besoin» au lieu de «j’en ai besoin»?

L’expression est attestée dans le français provençal au XIXème siècle, dans le parler picard, celui l’Ouest de la France, en Gironde, dans l’Aunis et la Saint-Onge, et Stendhal écrit  «…combien je prise ses conseils et combien j’en ai de besoin».

La forme vient, comme beaucoup de mots et d’expressions d’Amérique, du français des XVIème et XVIIème siècle.

Au XVIème siècle, la locution «de besoin» était courante et l’on disait également «avoir de coutume» pour «avoir coutume», «avoir d’usage» comme «avoir usage»,  etc. Étant ancienne, elle est  condamnée par une petite armée d’instituteurs qui y voient un archaïsme, quand ils connaissent un peu le français, et une faute quand ils l’ignorent.

«Laissez-moi j’aurai soin de vous encourager s’il en est de besoin»

avait dit Molière.

Enracinée dans le parler français, l’expression «avoir de besoin» se retrouve même en Suisse et est toujours vivante dans certaines régions de France comme au Québec, véritable conservateur de l’ancienne langue.

Si nos correcteurs de tous poils pouvaient la laisser tranquille, ils m’obligeraient.

On ne peut pas à la fois, comme ils le font, reprocher aux Québécois de ne pas s’intéresser à leur histoire et de garder des traces de cinq siècles de français dans leur langue.
 

par Hubert Mansion publié dans : 3-La langue de chez eux (notions de joual pour les
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Samedi 3 mai 2008

 

Si Mme de Pompadour revenait à Versailles, elle serait surprise de l’absence d’odeurs fétides qui y règne et des femmes en short qui la regarderaient se décongeler lentement.  Mais il n’y aurait pas un Français pour la comprendre.

-Y fait frette, farmez la f’nête!

-Qu’est-ce qu’elle a dit ? demanderait le Conservateur tout en appelant Sarkozy  pour lui annoncer la nouvelle incroyable du retour de la Pompadour.

-A parle-tu à moé? chuchoterait discrètement un Tremblay à sa femme, croyant assister à une mise en scène historique comme on en voit malheureusement à Québec.

-Kékun a-ti un habi neu?

-Qu’est-ce qu’elle a dit ? Qu’est-ce qu’elle a dit?

La Pompadour, ayant entendu Tremblay parler à sa femme car sa décongélation avait commencé par les oreilles,  supplierait aussitôt «st’homme»:

-Allez cri un habi neu! Et ajeter des souyers!

Et l’on verrait Tremblay aller quérir un habit neuf et acheter des souliers sous le regard ébahi de Français apprenant que la Marquise s’exprime avec «un accent de paysan».

Ce n’est pas ce qu’on voit dans les films «historiques» où les duchesses parlent comme au journal de TF1: mais c’est pourtant la vérité.  Et l’un des grands mérites de l’ouvrage «D’où vient l’accent des Québécois» est, à propos d’accent, de remettre les points sur les «i».

L’auteur, Jean-Denis Gendron, professeur émérite de l’Université Laval (Québec), démonte avec brio les idées reçues sur la prononciation canadienne française. Non, elle n’est pas celle des «paysans», ni des Normands comme le disent souvent les touristes. C’est, en gros, celle de l’usage commun, toutes classes confondues, d’avant la Révolution. À preuve, les remarques des voyageurs français en Nouvelle-France:  «Il n’y a pas d’accent au Canada» dit un Jésuite dans un concert unanime. «On y parle un français aussi pur qu’à Paris» affirme en substance un autre observateur.

Après la Révolution et jusqu’à aujourd’hui, les remarques sur l’accent québécois, au contraire, pleuvent. Que s’est-il passé? Un remaniement profond de l’accent, sous la pression de la bourgeoisie parisienne. Autour de 1789, explique Gendron, une nouvelle norme phonétique s’installe progressivement à Paris puis en France, pour des raisons exposées en détail dans l’ouvrage. Le Canada, au contraire, maintient la tradition ancestrale. Chateaubriand l’avait noté: «À  peine entendons-nous parler dans quelque bourgade du Canada et de la Louisiane… la langue de Colbert et de Louis XIV».  Dommage que les Québécois ne le sachent pas.


Jean-Denis Gendron, D’où vient l’accent des Québécois, Presses Universitaires de Laval, 2008



Photo 1 - Louise Leblanc
Québec historique (Hilton Québec)

par Hubert Mansion publié dans : 2-Comprendre les Québécois
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Jeudi 17 avril 2008

 

En dehors du vocabulaire particulier, il y a, dans la langue canadienne française, des «faux amis», soit des mots français employés dans un sens différent de celui ayant cours en Europe.

1-Versatile: signifie ici doté de nombreux talents.

2-Par exemple: «par contre, en revanche», mais on dit aussi par exemple dans le sens de par exemple.

3-D’abord: a aussi le sens de «si c’est comme ça». «Tu ne veux pas venir avec moi? Ben j’y vais seule, d’abord» (elle n’est pas contente).

4-Transiger: en Europe, ce verbe a le sens de «Accommoder un différend par des concessions réciproques». Au Canada, on l’emploie plus souvent comme «faire du commerce».

5-Flatter: a gardé le sens de «caresser» qu’il a presque perdu en Europe. «Flatte-moi» ne signifie donc pas, comme je le croyais au début, «dis-moi que je suis la plus belle».

6-Gosses: l’histoire est archi-connue. Gosses est utilisé ici avec le sens de testicules. Ce mot n’a été introduit en France qu’après la Révolution française, raison de son absence au Canada.

7-S’ennuyer:  a ici un sens sentimental. «Je m’ennuie» signifie le plus souvent «Je m’ennuie de toi». De sorte que quand une Québécoise demande à son conjoint  à Paris «Est-ce que tu t’ennuies?» , elle ne lui demande pas s’il s’amuse.

8-Bec: comme dans beaucoup de régions de France, signifie bise, baiser.

9-Développer: a gardé son sens attesté au XIIème siècle,  dans «développer un cadeau», c’est-à-dire le déballer.

10-Si: «si» est un mot inexistant au Québec dans le sens de oui, après une question négative. «Tu ne viens pas avec moi? Oui».

par Hubert Mansion publié dans : 3-La langue de chez eux (notions de joual pour les
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Lundi 14 avril 2008

Écoutez l'interview avec Hubert avec la chroniqueuse de l'émission, Sophie: (cliquez sur le bouton "Play" ci-dessous)

 Le français d’Amérique... une langue beaucoup plus châtiée qu’on ne le croit !

101 mots à sauver du français d’Amérique, de Hubert Mansion / Éditions Michel Brûlé – mars 2008 / 192 pages.

Les mots et expressions utilisés au Québec font souvent sourire les francophones d’autres horizons. Considérés comme des reliquats d’un autre temps ou comme la transformation « à la française » de termes typiquement anglais, on a souvent tendance à les corriger et à en effacer toute trace dans nos communications écrites. Pourtant, la « parlure » québécoise est loin d’être le fruit de bizarreries culturelles. D’une richesse insoupçonnée, elle est plutôt l’une des seules à avoir à la fois conservé ses racines et bénéficié de tous les apports de l’histoire. C’est ce que démontre avec brio Hubert Mansion, déjà auteur du « best seller » Guide de survie des Européens à Montréal, dans cette petite bombe lexicale à l’approche résolument anticonformiste et très éclairante. Effectivement, ce néo-Québécois d’origine belge a un beau jour décidé d’aller chercher l’origine de 101 mots utilisés en Nouvelle-France. Pourquoi 101 mots exactement ? Parce que la Loi 101, qui régit l’utilisation du français au Québec et, du même coup, en assure la sauvegarde au sein d’un continent nord-américain anglophone devrait aux yeux de cet auteur se prévaloir de la richesse de ses origines plutôt que d’enfermer cette langue dans un carcan de règles édictées par l’Académie française. Aussi cet ouvrage, teinté d’un humour que l’on ne retrouve jamais dans des livres du même genre, se présente-t-il à la fois comme un lexique surprenant et comme un manifeste. On y découvre par exemple que des verbes tels que « batcher » et « canceller », que l’on dirait directement hérités de l’anglais, sont en fait tout à fait français. On apprend aussi que les termes « caucus » ou « squeegie » sont le fruit d’un mélange des langues française, anglaise et amérindienne. Enfin, Hubert Mansion encourage l’utilisation de certaines expressions comme « un refill de café » ou « être cheap », car il n’ont aucun équivalent en français. Bref, 101 mots à sauver du français d’Amérique constitue un véritable pied de nez à un certain snobisme qu’il est grand temps de dénoncer. Bravo !

Source de l'article: La Godasse, La Web-radio urbaine de Montréal –
Chroniqueuse de l'entrevue: Sophie

par Hubert Mansion publié dans : Le Livre
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